SECOND TEMPLE DE CHARENTON
coupe en longueur et plan
(réduction d'une gravure de Marot d'après un dessin de Brosse)
mais indirectement, par l'intermédiaire de maîtres bien français, les Du Cerceau l'architecte du second
1. Voir notre étude sur l'Eglise réformée de Claye dans le IL h. p., 1909.
2. Le premier sermon y fut prêché le 18 octobre 1607. La Société d'émulation de Montbéliard a publié dans le tome XXII de ses Mémoires (1891)
une jolie reproduction du projet primitif, et ailleurs deux vues du bâtiment actuel et du portail méridional.
temple de Chàrenton, S. de Brosse, auquel nous attribuerions volontiers le premier, prototype de l'autre dans ses traits caractéristiques l.
Le temple de Montbéliard a trois portes : au sud, à l'ouest et au nord. La chaire est adossée au côté oriental (le second temple de Chàrenton, et peut-être déjà le premier, sont aussi « orientés » suivant l'antique tradition catholique qui fait regarder les fidèles vers Jérusalem, mais ce n'est là sans doute qu'une coïncidence fortuite due à la configuration du terrain). Sur chaque face six hautes fenêtres sont surmontées alternativement de frontons en arc de cercle, et de frontons triangulaires, avec une urne comme ornement du milieu. De chaque côté du toit, une rangée de lucarnes. A l'intérieur, une seule galerie, au fond.
Quelles que fussent les ressemblances ou les différences entre ce temple et celui de Chàrenton, l'un et l'autre, par la force des circonstances analogues, ont manifesté certainement une tentative intéressante et toute nouvelle, car les architectes protestants ne pouvaient trouver nulle part dans les exemples qu'ils avaient sous les yeux, ni dans l'enseignement de leurs maîtres catholiques — sauf dans la basilique classique — les éléments des édifices qu'ils devaient adapter spécialement aux besoins du culte réformé '-.
Le temple Saint-Martin contient plusieurs milliers d'auditeurs, et il en était ainsi du temple de Chàrenton. Le voyageur déjà cité estime en 1G13 le nombre des fidèles présents (deux dimanches différents), à trois et quatre mille. Dès le service d'inauguration en 1606 l'Estoile parlait aussi de « trois mille auditeurs 3. »
Notons enfin qu'on admettait à Montbéliard ce qu'on défendait à Chàrenton : un véritable clocher. Je n'ai pas trouvé de document permettant d'affirmer que certaines restrictions spéciales aient été imposées par le gouvernement à l'architecte de 1606 pour le temple de Chàrenton comme ce fut le cas ultérieurement pour beaucoup d'autres temples français, mais s'il n'y avait
1. Voir notre monographie sur Salomon de Brosse, Paris, Eggimann, 1911.
2. Voir ci-dessus, chap. IV, p. 111. En 1660 pour la reconstruction à Lehaucourt du temple de l'Eglise de Saint-Quentin l'arrêt du Parlement stipule expressément que <- ce temple ne pourra mesurer plus de dix-huit pieds communs depuis le rez-de-chaussée jusqu'à l'entablement, celui-ci compris et le comble ne sera élevé qu'à proportion et suivant les règles ordinaires de l'ar-
;{. Cf. ci-dessus p. 115 et 410.