SIMPLICITÉ DKS TEMPLES PROTESTANTS
là qu'un simple clocheton, c'était fort probablement parce que la construction d'un clocher n'était pas autorisée l.
L'Edit de Nantes (article 34 des particuliers) permettait bien d'assembler le peuple même « à son de cloches, » mais il n'autorisait pas formellement à élever un clocher pour y mettre la cloche... ! Pour le temple de Charenton c'était déjà une progrès que d'avoir un clocheton, car je ne crois pas qu'il y en eût à Ablon.
Nous l'avons déjà rappelé à propos de ce dernier : si les temples réformés — même celui de la capitale, à Ablon ou à Charenton — n'ont pas été plus beaux, au point de vue architectural, la faute n'en a pas été aux architectes, qui souvent ont donné ailleurs une beaucoup meilleure idée de leur talent : ils ont fait là ce qu'ils ont pu, ce que leur permettait la surveillance jalouse de l'Etat inspiré par l'Eglise romaine.
Cependant les catholiques ont trouvé ample matière à critique dans cette simplicité extérieure qui était une conséquence de l'intolérance du clergé à l'égard des réformés français. SI un luthérien allemand appelait le temple de Charenton « une méchante bâtisse, » combien plus fut-il raillé par les catholiques parisiens. Une chanson populaire en faveur des jésuites, la Patinostre des prétendus réformés calvinistes, met dans leur bouche ce couplet :
En la maison vénérable Que Charenton nous permet, Bien que ce soit une étable, Nous prions 2
Les protestants n'étaient pas insensibles à ces railleries et y répondaient de leur mieux en invoquant d'une part les circonstances défavorables où se trouvait le protestantisme français, d'autre part la spiritualité voulue du culte évangélique. Dans une « décade de sermons » dédiée à M. de Maupeou, l'acquéreur du terrain de Saint-Maurice, P. du Moulin s'exprime ainsi :
chitecture, sans addition d'aucune tour carrée, clocher, ni autres élévations quelconques » (Daullé, l(i Reforme à Saint-Quentin, 2" édition, 1905, p. 139). •Jean Hou dans ses Remarques sur l'Histoire du calvinisme (La Haye, 1(>8'>, in-12) cite un Dialogue des bergers de Saint-Ouen, pamphlet en patois, où l'un des interlocuteurs, Pierrot, dit : » Parle donc, Jeannin, quéque veut dire qui eu lantame juchée sus quieu grange '? » et Jeannin répond que c'est le clocheton d'un temple : « Vartigué, c'est la presche des Huguenots. ■>