‹ L'Église réformée de Paris sous Henri IVChapitre 380 sur 558 · C.ï. ci-dessus p · texte numérisé non relu

C.ï. ci-dessus p

« Les temples que Dieu aime ce ne sont point ces temples superbes dont les voûtes haut eslevées retentissent, qui sont soustenus de longs rangs de colomne, dont le pavé reluit de marbre de diverses couleurs, et les murailles de dorures et d'images. C'est là où volontiers se nichent les diables. Comme les femmes dépourvues de beauté naturelle se parent plus curieusement, ainsi les religions qui ont moins de vérité recherchent plus d'ornemens. Que sert une maison magnifique où on ne voit goutte ? On se mocque des grands bastimens et superbes, quand le maistre qui y habite n'a pas de quoy diner. De mesme nature sont les temples magnifiques où les âmes ne sont point repues et sustentées d'aucune nourriture spirituelle... C'est une foible objection que nous font nos adversaires quand ils nous opposent la grandeur et beauté de leurs temples et comparent les lieux où nous preschons à des granges ou à des nids à rats... L'Eglise est une imitation du ciel non à cause que les temples ont des voûtes azurées et marquetées d'estoiles mais à cause que le soleil de l'Evangile y reluit. Nous ne condamnons pas les temples magnifiques et voudrions qu'il nous fust permis de prescher es grands temples du royaume. Quand Dieu donne la commodité il est bienséant que le lieu où l'Eglise s'assemble soit honneste et en estât décent. L'ordure et indignité du lieu destiné au service de Dieu est une preuve de mespris du service de Dieu ; [mais] la vérité n'est point attachée à des pierres et ne demande pas un grand lustre extérieur 1. »

Si le nom de l'architecte n'est pas connu d'une manière certaine, la date même de la construction du premier temple ne peut être fixée qu'approximativement. On a mis trois ans à construire le temple de Montbéliard ; il est permis de conjecturer que les travaux du temple de Charenton, peut-être commencés dès la fin de 1606, se poursuivirent en 1607 - et ne furent complètement achevés qu'en 1608. Du moins est-ce en cette dernière année que le Consistoire fait divers arrangements au sujet de ses immeubles.

Le 31 décembre il vend, pour sept cents livres, la petite maison voisine du château aux locataires qui l'occupaient depuis deux ans : Jérôme d'Asnières, procureur au Parlement 3, et Paul

1. Première décade de Sermons publiée en 1636, X, p. 263 (nouvelle édition, Genève, Chouët, 1653).

2. Date à laquelle Hérissant fixe la construction du temple (Nouvelles recherches sur la France, I, p. 182).

3. Parrain à Ablon avec Madame du Moulin en 1602 (B. h. p., p. 2241. C'était une famille de l'Orléanais, comme les du Moulin (Antoine d'Asnières, » contrerolleur, » et Georges « receveur du domaine » reçurent chez eux la première assemblée protestante faite à Gien en 1559, d'après VHistoire ecclés. des ég. réf., T, 163).

Page 1