MESURES DE POLICE
lieux qui injurioient et outrageoient ceux qui revenaient du presche. » Le chevalier du guet dit plaisamment aux deux compétiteurs qu'il fallait planter deux potences : « il y en auroit une pour l'un, et l'autre pour l'autre K »
L'empressement nouveau de la police s'explique par une raison qui nous est apparue déjà en d'autres circonst-ances : après le baptême de ses enfants, éclatante manifestation agréable à ses sujets catholiques, le roi est intervenu en personne pour faire respecter « ses volontés » en faveur des protestants de la capitale. Il a tardé à accorder leur requête, mais une fois le transfert consenti, Henri IV entend qu'ils jouissent réellement de cette faveur. « La populace, dit Benoît -, excita peu après le nouvel establissement une violente sédition à la porte Saint-Antoine. La justice, qui s'y transporta, n'eut pas l'autorité d'y remédier, et il seroit arrivé quelque chose de plus fâcheux, si le Roy ne fût revenu exprès de Fontainebleau à Paris pour y donner ordre. Sa présence remit la paix et l'union dans la ville. > L'historien protestant paraît utiliser ici le Mercure françois ou du moins la même source ; mais le journaliste catholique ajoutait, avec un optimisme exagéré : (aux Parisiens catholiques et protestants) « la présence du roi donna une telle crainte les uns des autres que depuis il ne s'y est entendu aucun murmure ■'•. »
S'il y eut dans les années suivantes à diverses reprises des craintes de « sédition, » notamment après la mort d'Henri IV, il ne se produisit plus en effet après 1606 de mouvement populaire aussi menaçant jusqu'en 1621... et cette fois le tumulte aboutit à la destruction du temple. C'est à cette date de 1606 que le roi se tira d'affaire en apaisant par une boutade ses sujets mécontents. Il leur dit « en souriant » que « pour ne pas manquer à ses promesses, il falloit désormais compter cinq lieues de Paris à Charenton 4. »
Nous avons décrit le voyage de Paris à Ablon ; de Paris à Charenton le trajet, sensiblement moins long, restait encore assez pénible. Une partie des fidèles le fait en bateau, d'autres suivent