‹ L'Église réformée de Paris sous Henri IVChapitre 388 sur 558 · Mercure de 1606, édition de 1<>1!), page dernière · texte numérisé non relu

Mercure de 1606, édition de 1<>1!), page dernière

4. UAnti-angloîs, brochure de 1628 citée par M ah ty-I.wku \. Charenton

an xvii' siècle.

468 l'église réformée de PARIS SOIS HENRI IV

la route de terre, soit en longeant la Seine par la Râpée, Bercy et les Carrières, soit en sortant par la porte Saint-Antoine et en traversant la vallée de Fécamp (du côté de la rue qui porte encor-i ce nom entre la rue de Charenton et l'avenue Daumesnil). Là se trouvaient des marais et des bois peu agréables à traverser : la rue de la Brèche aux Loups rappelle encore au commencement du xxe siècle qu'au xvnc les rôdeurs humains n'y étaient pas les seules rencontres fâcheuses qu'y pussent faire les huguenots.

La plupart allaient à pied, presque personne en voiture, quelques-uns en litière, ou à cheval, « en housse » (c'est-à-dire sur une selle garnie d'une housse). Sully lui-même employa longtemps ce moyen pour se rendre au Louvre. « Il n'eut un carrosse, raconte Tallemant, que quand il fut grand maître de l'artillerie : le roi ne vouloit pas qu'on en eust, » et, chose curieuse, les trois noms que citent ensuite les Historiettes 1 sont ceux de seigneurs protestants ou de gens apparentés à des familles protestantes : le marquis de Cœuvres, le marquis de Rambouillet, les Arnauld 2. En de rares occasions les Ephémérides de Casaubon le montrent retenant d'avance une voiture de louage, ou invité à prendre place dans le carrosse d'amis plus fortunés.

1. Edition Monmerqué, I, 112, cf. I, 252 : « On n'allait guère en carrosse en ce temps-là (1615). »

2. Sauvai, de son côté (I, 191) note qu'Henri IV maintenait avec soin les anciennes ordonnances forçant tout le monde, « pour princes qu'ils fussent, » à mettre pied à terre « à la porte hors la barrière du Louvre. » Et il ajoute : « J'ai appris de la vieille Madame Pilou qu'il n'y a point eu de carosses à Paris avant la fin de la Ligue ; la première personne qui en eut étoit sa voisine, fille d'un riche apoticaire de la rue Saint-Antoine nommé Favereau [il y avait à la même époque une famille rocheloise de ce nom et un Favereau a été marié à Charenton : Fr. prot., 2e éd., VI, 451]. Il étoit suspendu avec des cordes, on y montoit avec une échelle de fer. Tant qu'il parut nouveau les petits enfans et le menu peuple couroit après, souvent avec des huées. » [C'est l'impression que la vue du premier automobile a produite dans plus d'un village au XXe siècle]. « Pour aller par la ville elle y faisoit atteler deux chevaux, et quatre quand elle alloit à la campagne ; il n'y en avoit pas davantage au carrosse d'Henri le Grand quand les chevaux l'entraînèrent dans l'eau au port de Neuilly. Ce qui l'obligea ensuite d'eu faire mettre six avec un postillon sur un des premiers. » En 1624 encore, à Bàle, « cette grande ville, » il n'y avait qu'un seul carrosse « pour les personnes publiques ; » c'est « une arbaleste à trois chevaux » (un cheval en flèche devant les deux autres). On le met à la disposition des fils de Du Maurier et de leur précepteur Prioleau (voir les Véritables faits et gestes de celui-ci, publiés par M. Réveillaud en 1909, p. 39).

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