PASTEURS DEMANDÉS A GENÈVE
qu'on nous fait de leur dextérité à traiter de l'Ecriture sainte es prédication, avec l'aage propre pour porter le travail de notre Eglise, nous les fait spécifier, joint que nous sçavons que vous les avés prêtés à d'autres Eglises qui n'en avoient tant besoin et où ils ne pouvoient faire tant de fruict qu'en celle-ci, qui est comme un abrégé de tout le royaume, et où journellement abondent personnes de tous endroits, etc. »
montigny.
Ferreur 1.
Nous ne savons quelles raisons empêchèrent l'envoi de ces deux pasteurs, d'ailleurs peu connus 2.
A défaut de réponse favorable quant aux pasteurs, les Genevois prêtaient un concours empressé au Consistoire de Paris en ce qui concerne les étudiants en théologie entretenus aux frais de l'Eglise de Paris.
L'Académie de Genève avait été établie par Calvin suivant des principes bien français s, et elle était toujours « regardée comme la pépinière des Eglises de France4 : » 1210 étudiants y furent reçus de 1603 à 1632, soit en moyenne 40 Français par an ">. Les Synodes nationaux du xvne siècle envoient constamment des observations à l'Eglise de Genève au sujet de l'admission, de l'instruction et de la consécration des étudiants français : en 1607 la liste des académies « de ce royaume » où les boursiers doivent
1. Il faut lire sans doute dans la dernière ligne : abordent. (Registres de la vénérable Compagnie des pasteurs, cité par Gaberel, Histoire de l'Eglise de Genève, 1855, t. II, p. 366, et Pièces justificatives, p. 75).
2. La France prot. (2e éd., IV, 828) ne signale vers cette époque qu'un Cousin pasteur d'Heiltz-le-Maurupt en Champagne en 1603, peut-être celui que, la même année, le Petit Conseil de Genève força la Compagnie des pasteurs à élire « ministre de la ville » (registres de la vén. Cle, 3 août 1603) et nous ne pensons pas (contrairement à M. Choisy, l'Etat chrétien calviniste, index, p. III) qu'on puisse identifier celui-ci avec l'ancien pasteur à Caen et Londres, car il aurait dépassé de beaucoup « l'aage propre » à « porter le travail » de l'Eglise de Paris.
Quant à Pierre Prévost, né à Issoudun, il avait été pasteur à Vitry-lc- François en 1598 : Du Moulin avait pu l'y voir lorsqu'il se rendait en Lorraine ; c'est là qu'il fit la connaissance de sa future épouse (B. h. p., 1858, p. 339). En 1601 il était pasteur à Genève (Fr. prot., 1" éd., VIII, 320.
3. M. Rorgeaud a consacré à l'Académie de Calvin un savant volume. On a célébré en 1909 le trois cent cinquantième anniversaire de la fondation : on aurait pu en 1609 célébrer le cinquantième, mais on ne pensait guère alors à ces sortes de fêtes.
4. Registres de la Compagnie des pasteurs, cités par Gabebel, Histoire de l'Eglise de Genève, II, 131.