SAMUEL DURANT
lierre en chaire *. » Un père jésuite, dans un pamphlet en vers, appelle Durant « un Sud par son beau dire -. »
Les documents sur la vie de S. Durant sont assez rares : il a fait imprimer heaucoup moins d'ouvrages et écrit beaucoup moins de lettres que ses prolixes collègues Du Moulin, Daillé et autres :. Il avouait volontiers son « inclination à ne pas beaucoup écrire 4. »
La date même de sa nomination à Paris ne peut être fixée qu'approximativement. Elle dut suivre de très peu la mort de la duchesse de Deux-Ponts survenue en 1007. La première pièce où je voie S. Durant mentionné comme pasteur à Paris est une procuration du 10 août 1007"'. Sur cet acte ne figurent ni Montigny ni La Faye, tous deux fort âgés. Nous avons vu que leur jeune collègue, pour ne pas porter seul, avec Du Moulin, le poids d'un ministère beaucoup trop chargé, obtint quelque temps l'aide de Ferrier.
On fit aussi prêcher à Charenton Le Faucheur dans l'automne de 1009. Ainsi en novembre, un jour de jeune, Casaubon entend successivement Du Moulin, Le Faucheur, et Durant « lequel parla, dit-il, d'une manière si bien appropriée à la circonstance, avec tant de talent et de piété, que j'en fus tout ému et comme
1. Aymon, II, 323 : « Remarques sur quelques-uns des députés au Synode de Charenton. »
2. Le P. Garasse : Rabelais réformé par les ministres, Bruxelles, 1620, in-8°.
3. Lettre du 6 novembre 1608 (H. h. p., 1878, p. 497), conservée au chartri er de Thouars. (Test la plus ancienne connue. S. Durant envoie à la duchesse de la Trémoïlle un précepteur pour son fils : « Cet honneste personnage m'a fort contenté selon le peu de temps que j'ai eu de le voir. »
4. La France prat., 2" éd., t. V. 1024, ne signale que deux petits volumes in-12 imprimés à Sedan par .1. Jannon pendant les dernières années de la vie de S. Durant : Méditation sur les afflictions (1622) et Trois sermons (1623), plus une Lettre consolatoire (in-8", 1622). 11 y faut joindre un petit in-8" de 38 pages imprimées par les. mêmes presses en 1623 : De l'Anmosnc et charité (catalogue de la bibliothèque de M. Brincourt, Paris, Paul, 1900, n" 587). Après la mort de Durant, des recueils plus importants furent publiés par son cousin et héritier Fr. Spanheim. Le premier est dédié à Anne de Rohan (1627).
.">. B. II. p., 1803, p. 133. Sur le rôle des pasteurs annexé (évidemment à une date ultérieure) aux actes du Synode national de 1603 (Aymon, I, 287) on lit pour Paris: » De Montigny de Lauberan, de la Paye, du Moulin, Covet (sic), Durand. »
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transporté l. » Les orateurs, en pareille circonstance, étaient forcément amenés à rivaliser d'éloquence, et l'écho des beaux, discours de Charenton retentissait jusque dans les maisons catholiques de Paris où l'on était sensible à l'art de bien penser et de bien dire. Nous avons vu combien l'Estoile regrettait de ne pouvoir aller entendre Le Faucheur ; le jeune prédicateur vint lui faire visite, mais ne le trouva point. L'Estoile est pourtant renseigné sur son sermon : « Il prit son thème sur le passage du psaume : J'aime mon Dieu, lequel il traita fort gentiment et pathétiquement : chose propre pour un peuple qui se prend plus par les aureilles que par le jugement ; si que, quand il vint à sa péroration, il tira les larmes des yeux de la pluspart de ceux de l'assistance, mesme de ceux de M. de Sully, encore que les compunctions en ceux de sa qualité soient fort rares 2. »
Sur des hommes qui s'acquittent paisiblement de leur ministère, comme S. Durant, on sait beaucoup moins de choses que sur un brouillon ambitieux comme Ferrier. Ils interviennent le moins possible dans les affaires politiques, agissent en sujets fidèles du roi tant vis-à-vis de leurs compatriotes que de l'étranger. Par ses relations avec les Rohan de France et d'Allemagne S. Durant est en contact avec les plus grands seigneurs, et fait bonne figure dans leur compagnie. Bientôt (1612) il sera l'un des pasteurs et anciens chargés de rétablir l'harmonie parmi les chefs de la noblesse protestante. C'est un homme cultivé, poli, méthodique. Il est le digne élève de son père en calligraphie, et son écriture menue et soignée est l'image de son esprit net et précis. Il n'a pas la fougue ni la malice de Du Moulin, mais sa pondération même lui vaut une place de plus en plus éminente dans les conseils de ses coreligionnaires : député au Synode national dès 1609, puis en 1612, il présidera en 1623 celui de Charenton ; de même il sera membre en 1611 d'une assemblée politique, et dès la suivante (1615) sera nommé vice-président.
Partout il agit en faveur du bon ordre, des mesures prises selon les règles, sans violence mais sans faiblesse. Strict observateur de la Discipline, il en a laissé une copie calligraphiée et soigneusement annotée •'• ; en fait de doctrine il a été très fidèle