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PROJETS DE RÉUNION DES ÉGLISES

cette vérité, constate avec tristesse L'Estoile (après une visite de Turquet) est « fort disgraciée aujourd'hui, et hors de crédit i. »

Les synodes nationaux, surtout depuis l'Edit de Nantes, n'avaient pas encouragé ces projets de réunion, mais plutôt creusé le fossé, en adoptant des déclarations comme celle de Ferrier à savoir : que le pape est l'Antéchrist -.

Quelle fut l'attitude du Consistoire dans cette ville de Paris où partisans et adversaires exposaient tour à tour leurs idées par la parole et par la plume ? Faute de documents officiels sur les séances il est impossible de savoir exactement ce qui s'y passait. Tantôt vocation est adressée à Ferrier, l'un des plus fougueux anti-papistes... jusqu'à son abjuration ; tantôt on voit au contraire nommer S. Durant, qui avait à Paris des cousins catholiques, et à Genève d'autres parents très conciliateurs : le jeune Perrot, à cette époque même, venait à Paris négocier la publication d'un travail de son père en faveur de la « réunion s. »

Toutefois le pasteur alors le plus actif et le plus influent, P. du Moulin, était nettement hostile à tout rapprochement, et le Consistoire paraît avoir en majorité partagé cette méfiance. Dans l'automne de 1607 Hotman ayant fait imprimer le traité de Mélanchthon De pace ecclesiœ ne put le faire vendre à Charenton. Il semble qu'il y eut interdiction formelle prononcée par le Consistoire 4 ; de même, en mars 1609, contre un nouvel ouvrage en faveur de la réunion des Eglises : la Tradition catholique, par Marsan. Et L'Estoile de nous renseigner encore en soupirant : « Elle a esté défendue et censurée à Charenton par les ministres, horsmis de M. Durant \ »

A une époque où de telles idées étaient dans l'air, nous nous

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