Journal, p. 504 (4 avril
Ô04 l'église réformée DE PARIS SOUS HENRI IV
étonnons maintenant moins d'avoir vu certains catholiques comme L'Estoile et certains protestants comme Casaubon, également favorables à une Eglise gallicane, assister l'un et l'autre, à Paris, au culte anglican, et manifester une égale sympathie pour cette solution mixte des problèmes ecclésiastiques *. Depuis trois siècles des aspirations analogues se sont de nouveau manifestées à diverses reprises, mais sans avoir, jusqu'à présent, jamais eu plus de succès.
§ 2. La controverse
Tandis qu'on voyait les tentatives de rapprochement atteindre ainsi en 1607-8 leur maximum d'intensité, il y avait dans la controverse un peu de répit. Les vieux lutteurs à l'œuvre dans la période antérieure -, disparaissaient l'un après l'autre : ainsi en 1608 René Benoist, doyen de la Sorbonne, curé de Saint-Eustache et confesseur du roi à l'abjuration duquel il avait beaucoup travaillé : il ne laissait pas, d'ailleurs, d'être critiqué par certains catholiques extrêmes, pour avoir trop apprécié les versions protestantes des Saintes Ecritures 3.
L'accalmie — relative - - dans les controverses, est due peutêtre aussi, en ce qui concerne Du Moulin à une grave maladie pendant l'hiver, si froid, de 1607 : « l'encre se geloit en écrivant 4 » et les disputeurs refroidis écrivaient moins volontiers.
Les langues, d'autre part, étaient un peu tenues en bride par la désapprobation que manifestait le roi contre le ton sinon contre le fait même des controverses : « Il ne les trouvoit pas mauvaises, encore qu'il ne les trouvât pas bonnes, mais il ne les vouloit pas empêcher. On pouvoit toutefois dire les choses doucement : » tels sont les propos que tient Henri IV à l'un des hommes qui avaient le plus grand besoin d'apprendre à parler