Ci-dessus, IIIe partie, chap. II, § 1, p
3. L'ESTOILE, Journal, p. 529 (août 1609). Cf. II" partie, chap. III, § 5, p. 185.
A la même époque, « bien à contre cœur, » Casaubon se rendait, sur l'ordre du roi, chez le cardinal Du Perron. Il devait y être, une fois de plus, « éclairé » sur les questions religieuses... ; mais il sortit aussi ferme qu'il était entré. De grands personnages, comme le duc de Bouillon, ne dédaignent pas de l'encourager « avec force et vérité » à ne pas « abandonner la cause de Dieu i. »
Mais cette apostasie que ni controverses ni honneurs n'avaient pu obtenir de beaucoup, on l'acheta à prix d'argent de quelques autres, en très petit nombre d'ailleurs, et jusque dans la propre famille de Casaubon, à son grand désespoir.
Lorsqu'en juin 1606 M. Gillot, conseiller au Parlement, apporte à l'Arsenal le fameux grimoire du P. Coton, « questions par luy faites à une possédée, » Sully put y lire : « Qui sont les hérétiques qui seront plus faciles en cour à réduire à la foy ? » Et plus loin : « Charnier, Ferrier, par quel moyen - ? »
Le moyen suggéré à l'Assemblée du clergé à Paris en 1605- 1606, et adopté par elle, est le paiement aux renégats de pensions (régulières) et de dons gratuits (extraordinaires, mais renouvelables), paiement fait, à partir de 1606, contre quittance passée devant deux notaires, du Chàtelet de Paris habituellement. Le receveur chargé de ces paiements, Fr. de Castille, est sous le contrôle des députés généraux du clergé, formant une sorte de commission permanente entre les sessions de l'assemblée plénière, comme les députés généraux protestants entre deux Synodes nationaux 3.
Les pensions étaient payées par trimestre, par semestre ou en une fois ; elles sont en général de trois à cinq cents livres par an ; les dons sont souvent beaucoup plus petits. Les bénéficiaires venaient les toucher eux-mêmes ou les faisaient toucher par représentants, à Paris sauf exception.
Ainsi fait Geneviève Davy — peut-être une cousine du cardinal Davy du Perron — ; elle signe en 1600-1607 les quittances au nom de son mari le pasteur apostat Le Roy, sieur de Bouillon,
1. Casaubon, Ephémérides, éd. Russell, p. (566 (veille des noues de mars 1609).