‹ L'Église réformée de Paris sous Henri IVChapitre 432 sur 558 · In-12 de 166 p., cité par H. Stkin, l«c. cil., p · texte numérisé non relu

In-12 de 166 p., cité par H. Stkin, l«c. cil., p

raît pas être venu à Paris ; du moins de la pension assez rondelette qu'on lui réservait (sept cents cinquante livres) « ne luy a esté payée aucune chose *. »

Ces va-et-vient d'une Eglise à l'autre, et même d'un ministère à l'autre, n'étaient pas très rares alors. Tel cordelier originaire des environs de Paris (de Mantes), Olivier Enguerrand, devenu protestant en 1601 et bientôt pasteur, redevient catholique et figure sur la liste des pensionnés en 1607... ; le voilà curé près de Gisors : mais en juin de 1610 il reprend le chemin du temple et fait à Charenton « nouvelle abjuration et itérative profession de foi 2. »

En somme, sous le règne d'Henri IV, on ne voit parmi les pensionnés que de pauvres hères au nom peu connu, et presque aucun Parisien. Ensuite apparaîtra sur ces listes (1615) avec le plus gros chiffre — ■ deux mille livres — l'un de ceux que le P. Coton se préoccupait dès 1604 de convertir : Ferrier.

Quant à l'autre pasteur dont le nom accompagnait celui-là sur le grimoire, Charnier, il reçut aussi lors de son voyage à Paris en 1608 des offres de pension, et l'agent du clergé en la circonstance fut le roi lui-même ; il est vrai qu'en faisant l'offre il déclara franchement que ce moyen de conversion produisait souvent un fâcheux effet 3 : « Il me dit qu'il vouloit se servir de moy non pas comme plusieurs pensoient et disoient qu'il tàchoit de gagner les ministres, et tout soudain qu'il fait du bien à quelqu'un, on les tient pour suspects et on les appelle des pensionnaires »... « Il avoit pensé à me donner une pension, mais ne l'avoit point voulu faire pour cette année... ; il se plaignit [qu'on disait] qu'il gagnoit les hommes de notre parti en leur donnant des pensions, et qu'il vouloit que je lui fusse témoin il n'en étoit rien : de telles paroles Voffensoient fort. »

En tout cas le roi tenait à ce que le clergé ne lui fît pas payer les frais de ces pensions, mais pourvût lui-même à cette sorte de « fonds secrets : » en 1608 le cardinal de Joyeuse donne aux représentants de l'assemblée du clergé communication d'un bref

2. L'Estoile, Journal, p. 414 et 552 ; comptes du clergé, 6 avril 1607 : il n'a touché que soixante-dix livres « comptant » (B. h. p., 1907, p. 240) ; France prof., 2e éd., t. VI, col. 19.

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