Chamieh, Journal, 12 mars 1608 (B. h. p., 1853, p
de Paul V louant le zèle du roi pour la conversion des hérétiques, mais à la requête de Sa Majesté le pape demande le prélèvement, sur les revenus des biens du clergé, d'une subvention « qua ex ecclesiasticis reditibus istius regni possit aliqua ratione desiderio régis satisfieri et necessitatibus redeuntium ad fidem catholicam subveniri *. » Un fonds annuel de 30.000 livres fut voté, en même temps qu'on prenait des mesures pour éviter aux pensionnaires le voyage à Paris. Ce n'était pas sans doute exclusivement avec l'intention de leur épargner une fatigue, mais par crainte de l'effet fâcheux produit si ces visites intéressées avaient trop de retentissement ; par crainte aussi peut-être que les protestants de la capitale ne fissent honte de leur conduite aux apostats et obtinssent — comme dans le cas du curé du Vexin cité plus haut — une « itérative profession de foi. »
Cette caisse du clergé, bien qu'elle eût sa direction et ses bureaux à Paris, fonctionna donc surtout pour la province, et souvent à l'insu de tous autres que les intéressés. Il était pourtant nécessaire d'en rappeler ici l'établissement, d'abord parce que c'est une mesure de combat qui répond à l'organisation définitive des Eglises réformées sous le régime de l'Edit, à Paris notamment, et ensuite pour signaler le nombre minime de membres de l'Eglise de Paris qui se laissèrent corrompre par ce moyen.
Il nous faut maintenant revenir au protestant alors le plus puissant, qu'on cherche à circonvenir d'autre manière : Sully.
§ 4. Encore Sully -
Après l'avoir, semble-t-il, laissé tranquille pendant l'année 1006 où il avait contribué à faire transférer le culte à Charenton, l'Eglise romaine avait recommencé la campagne en 1007. On répand même déjà le bruit que Sully s'est « révolté, » c'est-à-dire converti. Les pasteurs de province, qui ne manquent jamais de venir solliciter son appui dès qu'ils ont affaire à la cour, s'en émeuvent. « Il n'y avait, reconnaît avec complaisance le pseudo-« révolté, » homme de France capable d'apporter tant de détriment à leur cause :!. » En novembre, à Fontainebleau, Cha-
1. Procès-verbaux de l'assemblée du clergé, t. I, p. 798 ; t. II, p. 27(5.