COLLÈGES DE CLERMONT ET JARGEAU
un sur sa terre de Boisbelle 1. Deux ans auparavant le roi l'avait chargé de verser deux mille livres aux Rochelais pour le collège de leur ville 2.
C'était bien peu de chose en comparaison d'une libéralité accordée dans l'automne 1606 par le roi, comme pour se faire pardonner l'établissement du culte à Charenton : outre trois cent mille livres « distribuées » pour divers objets cette année-là aux jésuites, ils avaient reçu de Sully, par ordre du roi, « pour employer au bâtiment d'un collège » (à la Flèche) 3 cent soixantecinq mille livres, puis encore vingt et un mille livres 4.
Les jésuites étaient en effet, en matière d'éducation plus que partout ailleurs, les grands concurrents des huguenots. La ratio studiorum en usage pendant trois siècles date précisément de 1599, et le 27 juillet 1606 (quatre jour avant les lettres patentes concernant Charenton) le roi avait permis aux membres de la « Compagnie » expulsée onze ans auparavant et rappelée depuis trois ans, de résider à Paris, et d'y exercer leurs fonctions dans la maison professe de Saint-Louis, rue Saint-Antoine à deux pas de l'Arsenal de Sully. Ils avaient rouvert leur « collège de Clermont6, » mais la Sorbonne regardait d'un œil jaloux les progrès de ses trop ambitieux voisins, et, à l'instigation de l'Université, Henri IV, tant qu'il vécut, refusa aux Jésuites l'autorisation d'enseigner dans ce collège aucune autre science que la théologie °.
Dans l'Université même la réorganisation des études date aussi de ces années fécondes en semailles et en moissons qui suivent l'Edit de Nantes : en 1600 les nouveaux statuts réglant la forme de l'enseignement sont présentés au Parlement par MM. Coque-
1. Quick, Synodicon, I, 331. Après Boucher (li. h. p., 1863, p. 120) le pasteur de Jargeau paraît avoir été, un peu avant cette époque, Bourguignon qui dit plus tard avoir été ministre « es maison particulière de Mgr le duc de Sully » (/*';-. prot., 111, 7).
2. Henri IV à Sully, 18 mars 1607 (Mémoires de Sully, II, 181).