LES DÉPITÉS GÉNÉRAUX
Le roi répondit aux députés généraux que « rien ne serait changé à l'ordre établi, mais qu'en cas de maladie, de récusation, ou d'absence de celui qui devait servir dans la chambre, le plus anciens des cinq autres servît en sa place pendant que ces causes auraient lieu. »
Le prix d'une charge de conseiller avait beaucoup augmenté depuis l'édit de décembre 1604 consacrant la vénalité des offices de judicature (« la Paulette ») ; la somme s'élevait à quarante mille écus environ l. Si, par le fait même de leurs fonctions, les conseillers protestants furent à même de rendre de grands services à l'Eglise en général, ils ne semblent pas avoir pris une part très active à la vie de l'Eglise de Paris, étant — ou se croyant — obligés à beaucoup de réserve, et participant à l'esprit très particulier de la « grande robe. » Surtout après 1010 quelques-uns se montreront souvent serviteurs empressés du gouvernement plutôt que fidèles défenseurs des intérêts de leurs coreligionnaires.
Henri IV, préoccupé par des difficultés nouvelles, ne prêtait plus aux demandes des réformés une attention aussi bienveillante, bien qu'il fût encore trop tiède au gré des catholiques. Médiateur entre le pape Paul V et les Vénitiens qui avaient chassé les jésuites, le roi « très chrétien » n'avait pas obtenu pour ceux-ci la permission de rentrer sur le territoire de la République, mais les Vénitiens avaient accordé au pape quelques satisfactions, et promis de « se conduire à l'avenir avec leur piété accoutumée. » Le prince Charles de Gonzague de Clèves, duc de Nevers et de Rethelois, pair de France, avait été envoyé à Rome par le roi « pour rendre l'obédience deue au Sainct Siège » et le récit de sa mission fut publié à Paris en 1009 -. En même temps au contraire le roi d'Angleterre faisait aussi imprimer en français son Apologie pour le serinent de fidélité condamnée par le même pape et au sujet de laquelle il fut en correspondance avec Du Moulin •">. Ainsi, une fois de plus, la question de la primauté
1. C,h. Normand, la Bourgeoisie française au xvn siècle, la nie publique, les idées, les actions politiques (1604-1661), Paris, in-8°, 1908.
2. /{dations de la venue cl entrée solennelle en la ville de Home au 25 (/(/ mois de novembre 1G0H de très illustre et très magnanime prince, etc., traduites d'italien en français sur la copie imprimée à Home chez Jacques Mascardi en l'année 160S, par L. S. I). D. A Paris, par François Huby, 160!', petit in-8° de 24 p.