Mercure de Mil I, p
:t. Lettre du 21 mai 101 II ili. h. />., 1869, p. 394).
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il confie à ses Ephémérides ses angoisses et mesure toute la gravité du péril (14 mai) : « Dieu éternel, je t'en supplie, protège le roi, la reine, leurs enfants, le royaume entier, toutes les personnes pieuses qui s'y trouvent ; » et le lendemain : « Je suis accablé de soucis à cause du roi. Daigne, ô Dieu, le rendre à ïa santé et le conserver en vie. Amen. Amen. Amen. » Enfin, le troisième jour seulement, un messager envoyé par Madame Casaubon confirme à son mari, d'une manière indubitable, la mort du roi : « O triste, o vraiment déplorable nouvelle ! J'adore en silence tes décrets, o Dieu éternel ! mais celui qui médita un tel crime, ou qui l'exécuta, doit, à juste titre, être traité d'impie et d'abominable. Malheur à toi, o France ! o jour funeste à tous les gens de bien, à moi principalement dont ce prince a si longtemps été le Mécène ! Que n'ai-je reçu la blessure qui en le tuant nous a tous plongés dans la douleur. Mais que la volonté de Dieu soit faite ! Cette catastrophe est arrivée selon son bon plaisir. Nous espérons qu'il vengera la mort du prince et qu'il donnera l'effusion de son Saint-Esprit au nouveau monarque 1. »
A Uitenbogaert il écrit : « Mes jours de bonheur ont disparu pour jamais. J'ai perdu un maître surpassant en bonté, en douceur, en politesse, tous les princes du monde. Depuis bien des années il me traitait avec tant de bienveillance que je ne sauiais trop m' étendre sur ses louanges. Si les motifs de religion ne s'y étaient opposés, il m'aurait comblé de richesses. » Et Casaubon paraissant trouver le fait de cet obstacle, et la persévérance de sa propre fidélité, tout naturels, continue : « Ces richesses, je les ai constamment refusées, grâce à Dieu, et pourtant ce roi si aimable n'a pas cessé de m'aimer comme il me le disait souvent luimême, et de me donner des marques de sa libéralité -. »
Agrippa d'Aubigné, qui avait interrompu son Histoire universelle, reprend la plume pour « descrire pathétiquement la douloureuse tragédie : elle a pâli, dit-il, mon encre de mes larmes, donné des accents à mes lignes, et cotté mes virgules de souspirs... ». Au bout de quelques pages il s'arrête : « Je n'ai plus d'haleine pour suivre aucun article des succès de cette mort3 ; » et pour mieux « émouvoir les cœurs » de tous ceux qui pleu-