‹ L'Église réformée de Paris sous Henri IVChapitre 472 sur 558 · PAIX DÉSIRÉE ET MAINTENUE · texte numérisé non relu

PAIX DÉSIRÉE ET MAINTENUE

véritablement royalle compose si bien toutes choses qu'il n'y eut auleune esmeute ny sédition dans Paris ; et qui plus est envoya quérir le mesme soir le sieur de Villarnoul un desdicts députe?, d'aultant que le sieur de (sic) Mirande, peu auparavant, avoit obtenu congé du feu roy pour aller veoir sa famille ; lequel sieur de Villarnoul Sa Majesté assura du désir qu'elle avoit de maintenir les subjects du roy son fils de l'une et Vautre religion en' bonne paix. »

Survenant quelques heures après l'attentat, de la part de la reine et de son entourage, une telle démarche est hautement significative. Elle prouve qu'on se rendait compte, à la cour, du puissant facteur que les protestants représentaient dans les destinées de la France, et en particulier dans la prospérité et la sécurité de la capitale. Si alors d'une part, comme dit Benoît, « ils craignent, » d'autre part, en même temps, « ils sont craints 1. »

Le lendemain de l'attentat, et de l'entrevue de la reine avec le député général, lorsque Sully vient au Louvre (15 mai), il est reçu « fort bien ; » Marie de Médicis fait amener le roi, qui embrasse le vieux ministre : mais celui-ci ne se laisse pas séduire ; il se tient sur ses gardes, et il n'a pas tort, car « les jésuites et factieux catholiques s'emploient près du nonce pour le faire intervenir à procurer son éloignement -. »

Cependant la ville reste tranquille, bien que chacun attendît quelque trouble. Revenant de la campagne en toute hâte, Casaubon s'étonne de trouver « tout plus calme qu'il ne l'aurait cru. » Il s'extasie sur ce spectacle « admirable, de voir combien tout le monde est d'accord pour la paix. La concorde qui règne entre les princes est surprenante, et, comme le pensent les gens de bien, inspirée de Dieu ::. » Et quelques jours après c'est sur le même ton qu'il écrit à Saumaise : « Dans cette ville les citoyens de tout état, de tout âge, de tout rang gémissent... L'empressement avec lequel les princes et la noblesse entière travaillent de concert à la sûreté du royaume nous est un gage certain des dispositions clémentes de Dieu envers nous K »

1. Hist. de l'Edit, loc cil. Le I'. Gontier, cette année même 1G10, évaluait leur nombre à environ 900.000, contre cinq, six ou sept fois plus de catholiques (l'ESTOILE, II, :i.17).

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