‹ L'Église réformée de Paris sous Henri IVChapitre 48 sur 558 · Remonstrance, p · texte numérisé non relu

Remonstrance, p

OUVRAGES-DE CAYER fil

semble-t-il, doué d'une bonne mémoire et d'un esprit assez curieux, en sorte qu'il avait profité de ses études théologiques à Genes^e, en ce qui concerne les langues anciennes, et de ses voyages à la suite de Madame, en ce qui concerne les modernes. Mais, quoiqu'il enseignât l'hébreu, il est souvent convaincu d'erreur par tel pasteur qui n'est pas spécialement hébraïsant, comme Du Moulin, et dans les ouvrages que j'ai lus, je n'ai relevé que quelques mots des langues arabe, allemande et espagnole, mais rien des autres langues énumérées ci-dessus.

Par contre il cite volontiers des dictons poitevins et béarnais, affecte de parler « en parisien, » ne craint pas les jeux de mots (nous avons cité Lobéran-Louperrant ; « Couet né fait que couetter » ; «. Couet est mis au rouet1, » etc.).

Tel est l'homme dont la Sorbonne s'empresse d'utiliser les services aussitôt qu'elle se l'est acquis. Dès le 15 juin 1594 Cayer a obtenu privilège pour la vente de ses œuvres 2. D'autres privilèges — qui n'annulent pas celui-ci, plus général — lui sont donnés en 1595 et 1596 ; il les emploie pour faire paraître chez plusieurs imprimeurs parisiens successifs divers opuscules qui, comparés à beaucoup d'ouvrages de ce temps, ont du moins le mérite de la brièveté : en dix mois (fin 1595-fin octobre 1596) la Sorbonne n'approuve pas moins d'une demi-douzaine de lettres, réponses, admonitions, etc., peut-être y en eut-il plus ; très probablement elles ne sont pas imprimées aux frais de l'auteur, mais plutôt de bons catholiques ;i dont on sait ouvrir la bourse pour faire démontrer par le néophyte « la nullité de la religion prétendue réformée 4. » Et souvent l'écrivain ou l'éditeur annonce au lecteur la publication prochaine d'autres « pièces du même

1. Remonslranee, p. 47 et 11. Cf. p. 80 : « Calvin en tout baille Brie contre Robert, appelant ministre un prétendu pasteur, etc. »

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