Voir ci-dessus p. 53, bibliographie
3. Ainsi les Antithèses sont dédiées « à hault et puissant seigneur messire Charles de Fonsegne, chevalier de l'ordre du roy, conseiller au conseil d'estat et baron de Surgeres, de Iernac (Jarnac) etc. » qui a « trouvé bon » cet ouvrage.
4. C'est le titre d'un sixième ouvrage de circonstance à joindre aux cinq qu'énumère notre bibliographie (la Tromperie, p. 39). Il avait été composé en réponse à un opuscule de Lobéran, et Cayer le cite comme « un escrit » sans dire qu'il ait été imprimé. On faisait souvent des copies manuscrites qui circulaient sous le manteau, sans aller toujours jusqu'à faire des copies imprimées comme celle à Damours-
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auteur l, » des traités comme ou dit alors pour désigner en bon français les petites brochures de propagande qu'au xxe siècle on qualifie parfois, employant inutilement un mot anglais, de tracts.
Nous en parlerons plus en détail à propos des controverses de ce temps. Remarquons seulement que, publiés pendant les négociations qui précèdent l'Edit de Nantes, ces traités de Gayer empruntent aux circonstances, et à la personne de leur auteur, certains caractères particuliers, l'espoir sincère d'une réunion possible des deux Eglises pouvant subsister davantage tant que n'avait pas été signé l'acte qui constatait et consacrait l'existence du schisme. Avec un fonds commun, les traités de Cayer renferment chacun des arguments particulièrement appropriés, dans la pensée des théologiens et tacticiens catholiques, à certaines catégories de lecteurs : les Antithèses de J. Huss et de Luther sont plutôt destinées aux érudits nombreux parmi les pasteurs et laïques réformés; le dessein exposé dans l'épître préliminaire fait penser, de très loin, à celui de VHistoire des variations de Bossuet, plutôt qu'à la façon moderne d'étudier l'histoire des religions ; Cayer prétend établir « que Luther n'est d'accord avec J. Huss en nul article de ceux qui sont en débat entre les catholiques et les luthériens. »
Voici sous quelle forme typographique se présentent les antithèses :
« La première antithèse, Luther dit :
« La seule foy justifie et sauve.
« Jean Hnss dit le contraire. »
Suivent cinq pages d'extraits des œuvres de Huss (édition de Nuremberg, 1558), tandis qu'il n'est presque jamais donné de citation textuelle de Luther. Deux fois seulement il y a : Calvin dit, etc.
Ce même procédé d'exposition est perfectionné et pour ainsi dire popularisé, pour frapper plus vivement l'esprit et l'œil même (« Voyez grands et petits ») quelques mois plus tard. Il s'agit cette fois non plus de comparer Huss et Luther et de les
1. Ainsi à la fin de la première Copie de la lettre à Damours sont annoncés : < un traicté de l'Unité de la foy ; — les moyens de la réunion ; — quatre examens de la doctrine nouvelle ; et autres » qui n'ont pas paru, du moins sous ces titres. Mais le traité annoncé p. 17 sur Huss et Luther a bien été publié quelques mois plus tard. En 1597 (la Tromperie, p. 35) est annoncée une « histoire de plus particulière recerche » qui dévoilera d'autres « tromperies ».
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mettre en contradiction l'un avec l'autre, mais de comparer « l'Eglise » et « l'Hérésie » l'une et l'autre avec la règle que les protestants eux-mêmes établissaient comme autorité suprême, et de montrer la conformité de l'Eglise, la contradiction de l'Hérésie avec la Parole de Dieu. Cayer s'en tire par beaucoup de subtilités, pour frapper ceux qui verront ces tableaux sypnotiques 1.
Cayer avait commencé par adresser une « remonstrance » à la noblesse réformée \ maintenant il s'agit de faire « admonition « à Messieurs du tiers-estat, de mettre à leur portée certains arguments fournis par Anthoine de l'Escaille. Il semble que le fond et la forme de cet écrit aient moins satisfait la Sorbonne, ou qu'elle ait craint de voir présenter les arguments hérétiques d'une manière trop favorable ; toujours est-il que quatre mois s'écoulent entre le privilège royal et l'approbation des docteurs (juinoctobre 1596), et celle-ci n'est pas sans réserve : l'œuvre est « trouvée digne d'estre mise en lumière pour la réduction des âmes desvoyées, » toutefois « sans autrement approuver la confession d'Augsbourg et celle de Saxe, et sans approuver ce mot d'Eglises protestantes 2. »
Pour la publication suivante onze mois se passent entre l'approbation de la faculté et la dédicace au duc de Bouillon (juillet 1596-juin 1597). Cette fois il s'agit d'inspirer aux réformés la méfiance à l'égard de leurs pasteurs. Cayer fait appel au sentiment patriotique et rend hommage à l'esprit de dévouement dont les réformés ont fait preuve ; il s'adresse « à tous les bons Fran-