‹ L'Église réformée de Paris sous Henri IVChapitre 519 sur 558 · DU PLESSIS-MORNAY A AERSSEN · texte numérisé non relu

DU PLESSIS-MORNAY A AERSSEN

A Monsieur d'Aevsens, ambassadeur pour Messieurs les Etatz vers S. M.

A Paris.

Monsieur,

Vous m'obligez de plus en plus par la continuation des vostres. lesquelles j'apprens (pie Messieurs des Estatz nonobstant ce miel

1. Hommius fut eu 1619 secrétaire du synode de Dordrecht qui se prononça contre l'arminianisme. Sa signature figure précisément sur un album amicorum de 16(18 à 1611, celui i\u poète Adrien lloff'er, seigneur de Bonimeneede ; elle se trouve aussi sur un autre album qui a été utilisé peu-

ne laissent pas d'en appréhender le fiel au fondz, mais ilz

passeront outre, puisqu'avant son arrivée vous n'avez point traite plus solidement avec les voisins cpii toutefois ont assez de matière de s'appercevoir des interetz qu'ilz y ont. Lorsque les hommes manquant c'est tout qu'il plaist a Dieu d'aborder ; auquel il nous faut avoir recours, a ce qu'il procure a nostre Estât un bon conseil sur ces per plexités. Cependant je désirerais fort que ces contentions theologiques de votre Académie de Leyden fissent trefve, ne pouvant aujourdhui rien rencontrer de plus mal à propos, ny pour toutes nos églises ni particulièrement pour les vostres. A quoi il est de la prudence et sûreté de Messieurs les Estats de pourvoir par l'indiction d'un silence jusques à un autre temps i.

Je salue, Monsieur, humblement vos bonnes grâces et suplie le Créateur vous avoir en sa ste garde.

De Saumur ce 7e décembre 1607.

Vostre humble et très affectionné Du Plessis.

AERSSEN A UITENBOGAERT

Monsieur,

On m'a voullu persuader qu'on n'a rien escript aux Eglises de ce Royaume sur ce que quelques uns de vos confrères se sont plaints à l'Eglise de ceste ville : cependant vous verrez par celles que je viens de recevoir de M. du Plessis qu'on en a faict tout le contraire, je tascheray d'en descouvrir et l'autheur et le subject, car ceste lettre est forte générale, et le faict de tant plus suspect que c'est à moy à qui on en escript, sans en avoir touché un seul point par mes lettres, mais Saumur est une des nouvelles Universitez érigées principalement pour la théologie, et je me doute que pour ceste considération on s'est adressé là pour persuader que noz théologiens sont en dispute, dont je n'ay jamais ouï parler que par celuy qui m'en vint faire la première remontrance, et semble que ce mesme porteur ait faict la mesme offre ailleurs, puisque M. du Plessis désire l'intervention et authorité de noz supérieurs pour surseoir ces contentions. Je dis encore que j'auray soin de votre réputation en ce royaume et par ma response esclairciray mond. sieur du Plessis de toute la vérité,

dant le synode par Reynier Bogerman (collection van Rappard vendue en lï 10 à Amsterdam, catalogue Fred. Muller, n" 1670 et n" 1706 ; dans la même collection, n" 2040, figurait une lettre de Hommius datée de Leyde, H septembre 1639).

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