‹ L'Église réformée de Paris sous Henri IVChapitre 520 sur 558 · LE MÊME AU MÊME · texte numérisé non relu

LE MÊME AU MÊME

Monsieur Uten Bogaert (sic) ministre de la parolle de Dieu

à la Haye.

Monsieur,

J'ai veu vostre traicté sur l'authorité du Magistrat en l'Eglise ; il est digne de vous, plein de scavoir et d'éloquence, vous le deviez à vous mesmes, pour votre part des pointes de Gommarus, mais il est encor mieux deu au publicq pour son instruction. Je voudroy seulement qu'il fust traduit en Françoys ; vostre nom n'est pas peu exposé en plusieurs endroits de ce royaume comme susçect des nouveautés de feu M. Arminius, qui se braient iey de tant plus que moins elles sont connues ; ce petit livre vous purgera, mettant en lumière et la défense du defunct et les preuves de vostre doctrine ; il portera coup contre toute opinion anticipée, et je seray fort ayse d'en voir réussir le travail, comme celuy qui ay toujours soustenu vostre probité, fidélité, et grand sçavoir, et je vous donne donq le conseil de la version ; donnez le a l'affection que je porte a vostre service. C'est trop peu de borner ce travail dans les limites de sa langue. La France. qui est la plus inquiète en pareilles matières, en doit avoir sa part i ; vous y connoissez plusieurs esprits assez pointilleux et prompt a censurer avec passion ; il sera bon de les arresler par des raisons et ne les laisser enjamber par dessus leurs voisins. C'est, Monsieur, mou jugement sur vostre traicté, sy j'y pouvois contribuer mieux, vous n'auriez pas le loisir de m'en semondre, car je désire que me continuiez vostre amitié et faciez estât de mon service. Et sur ce je vous baise bien humblement les mains, priant Dieu. Monsieur, qu'il vous ait en sa sainte garde.

De Paris ce 17 de mars 1610.

Vostre bien humble et très affectionné serviteur.

En.vxçovs d'Aerssen.

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