Actes du Consistoire, 20 janvier et 10 février
3. Les pasteurs en fonctions sont La Faye, venu de Paris, et Charnier, du
Sur ces entrefaites survient l'Edit de Nantes, qui fut connu à Paris le 16 avril 1598 1. Madame fit célébrer un service d'actions de grâces le 7 juin. Sous ce nouveau régime les protestants, revenant toujours plus nombreux à Paris, célébrèrent encore une fois grâce à Madame la fête de Noël dans la capitale : le 25 décembre le duc de la Force écrit à sa femme : « Nous avons fait ce jour d'hui la Cène chez Madame avec fort grant compagnie ; nos trois enfants y ont aussi communié, Dieu merci. Je crois qu'il y a ici plus de trois cents gentilshommes de la religion -. »
Cet exercice du culte à Paris allait bientôt cesser, non seulement en vertu de l'Edit, mais surtout à cause du mariage de Madame avec le duc de Bar éconduit en 1597. Si, en droit, après l'Edit, l'existence de l'Eglise de Paris était plus formellement garantie, en fait, après le mariage, le culte devenait moins facile que pendant ces dernières années.
Peut-être la pensée d'être, après l'Edit, moins indispensable à ses coreligionnaires, contribua-t-elle à décider Madame à s'éloigner de Paris ; peut-être aussi que, l'Edit une fois accordé, Henri IV jugea moins nécessaire de ménager les susceptibilités protestantes... toujours est-il qu'à partir de ce moment le roi seconda plus ou moins activement — ce qu'il s'était abstenu de faire jusqu'alors — les efforts tentés pour convertir sa sœur avant le mariage. C'était d'ailleurs une politique habile pour disposer le pape à faciliter les choses en vue du mariage (ou plutôt remariage) d'Henri IV lui-même.
Le synode national de Montpellier, où Lobéran de Montigny siège comme député de Paris (fin mai 1598) est informé par le Consistoire de l'Eglise de Madame qu'elle ne peut plus empêcher son mariage avec le duc de Bar, de la maison de Lorraine. Malgré la haute situation de l'intéressée, on décide qu'une telle union, entre personnes « de contraire religion, » n'est pas per-
Dauphiné (Actes du Consistoire, 14 marsï. Le 7 août 1599 un arrêt du Conseil d'Etat ordonnera que les protestants d'Angers pourront exercer leur culte en un lieu qui leur sera assigné dans la paroisse de Sorges, et leur permettra (rétablir un cimetière au lieu de la Corderie situé dans ladite ville entre la porte lyonnaise et la Haute Chaîne (Archives nat. E2a, f» 27, 2°).
1. L'Estoile, p. 292, remarque qu'une clause est relative aux villes où les protestants avaient le libre exercice de leur religion en 1596 et 1597. Mais cette clause ne sera pas applicable à Paris.