PRÉLIMINAIRES DU MARIAGE DE MADAME
mise, et qu'on doit lui appliquer strictement la discipline x : « les promesses de mariage ne seront point reçues ni publiées dans l'Eglise 2. »
Ainsi ce « mariage mixte » ne soulevait pas moins d'oppositions du côté protestant que du côté catholique. Malgré tout le traité fut signé au château de Monceaux-en-Brie le 5 août 1598 : il porte (dans le titre) que le mariage sera « de bref faict et solemnisé en saincte Eglise, » et cette formule semble impliquer exclusivement une cérémonie catholique. Dans le texte il n'est pas question d'un mariage à célébrer aussi dans l'Eglise réformée 3. « Madame, dit P. Cayer ', ne vouloit changer de religion, à cause, comme elle disoit, de sa feue mère, dont elle tenoit la vie et toutes les actions par elle imitables ; toutesfois elle promit à son futur mary de se laisser volontiers instruire. »
Jusqu'au dernier moment, les catholiques espérèrent donc la conversion de Madame avant son mariage. Le grand organisateur des conférences à ce propos est un homme que nous avons vu, dans l'entourage même de Madame, négocier l'abjuration de son ministre Cayer : c'est Jacques David ou Davy du Perron, qui sera pendant vingt ans à la tète de ces sortes d'entreprises contre ses anciens coreligionnaires. Le principal controversiste catholique fut d'abord un docteur de Sorbonne nommé Du Val. Au nom des protestants on s'attendrait à voir entrer en lice les pasteurs de Paris, mais il ne semble pas qu'ils se soient prêtés à ces combinaisons. Le seul nom qui paraisse 5 est celui du Silésien