‹ L'Église réformée de Paris sous Henri IVChapitre 65 sur 558 · Autographe à la Bib. h. p., collection Lutteroth · texte numérisé non relu

Autographe à la Bib. h. p., collection Lutteroth

tenant à tous les assauts, elles le pryent eontinuellemenl à ce que nous puissions continuer de mesme, jusques à la fin de nostre vie 1. »

A Bèze elle écrit que « l'action se termina à l'honneur et à l'avantage des nostres autant qu'on peut désirer -. »

Cette affaire eut à Paris un grand retentissement. Cayer écrivit avec l'approbation de la Sorbonne une « Remonstrance et supplication très humble à Madame, avec la réfutation de Jacques Couët » (son ancien collègue) :!. Le livre était dédié au duc de Lorraine ; Cayer n'osant pas l'adresser directement à sa bellefille, le supplie « vouloir requérir à Madite Dame que pour l'amour de vous il luy plaise au moins ouïr la lecture. » Aux arguments ordinaires dans les controverses Cayer en joint quelques-uns plus personnels : comme princesse, Madame doit redouter les conséquences politiques qui pourront suivre, dans l'Etat, l'abolition de la hiérarchie dans l'Eglise ; comme musicienne, elle doit préférer les chants catholiques, « cette belle unisson si bien accordante, de toutes sortes de compositions, et diatonique, et chromatique, et harmonique en tous les systèmes et airs si suaves ; » comme fille respectueuse d'une mère dont elle citait constamment l'exemple, Catherine de Bar doit même, prétend Cayer, croire que « si la feue royne Jeanne eust survécu, sans doute elle eust abandonné les ministres prétendus ; elle estoit délibérée de remettre la messe en ses pays 4. »

Peu après intervient un des prêtres les plus en vue dans le clergé séculier de la capitale, R. Benoist (dont Cayer prononcera quelques années plus tard l'oraison funèbre). L'hôtel de la

1. Conférence tenue à Nancy sur le différent de la religion, etc. Item, la relation du succès de ladite conférence, extraite des propres lettres des ministres J. Couët et D. de Losse, dit La Touche, et la déclaration de Madame sur ce sujet par laquelle S. A. ferme l'action. 1600 (petit in-12 de 104 p.).

- La conférence faite à Nancy entre un docteur jésuite accompagné d'un capuchin, et deux ministres de la parole de Dieu, descrite par J. Couët, Parisien, Basle, 1600 ; « deux plaquettes rarissimes (Bib. h. prot., cf. J5. h. p., 1 908, p. 306) ; la déclaration, annexée à la Chronique de Jean de Morey, a été publiée dans le B. h. p., 1856, p. 290. Cf. Bihlioth. hist de la France, par Lblong et Fontette, 11° 6250.

2. 2 décembre 1599. Biblioth. Ste-Geneviève, mss. in-4n, DL. 542, p. 574, (B. h. p., 1886, p. 311).

'.L Voir ci-dessus p. 54. Le permis d'imprimer est du 29 déc. 1600. La citation se trouve p. 84.

4. Op. cit., p. 96 ; cela prouve la tolérance de Jeanne d'Alhrct, mais aucunement l'intention d'abjurer.

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