La Manne
4. Le dictionnaire de Moréiu (édition de 1699), V Ablon, diminue encore la distance : « à trois lieues, »et parle d'un « exercice avant (pie les protestants eussent un temple à Charenton. » Ni Bayle ni Chauffepié ne parlent d'Ablon.
ment dit. Ainsi, pendant un an et demi, le culte n'eut encore qu'un caractère provisoire.
Les seuls actes pastoraux dont la trace ait subsisté pour l'année 1000 sont un baptême (l'un des tout premiers sans doute) du 23 janvier1, et une abjuration, du 11 avril-, jour de Pâques.
On se réunit d'abord dans une maison arrangée tant bien que mal : à peu près partout on dut commencer alors par se contenter de ces installations rudimentaires. Avant de venir à Ablon, Du Moulin prêchait à Blois « sous une porte entre deux chambres, ce qui estoit fort incommode 3. » Les inconvénients et même les dangers d'un trajet long, soit par eau, soit par terre, et pénible, surtout en hiver, rendaient fort désirable une nouvelle décision royale rapprochant l'exercice plus près encore de Paris. Une demande en ce sens fut adressée au roi, par le consistoire, mais sans succès. Soumise ensuite au synode national tenu à Jargeau du 19 au 25 mai 1001, probablement par le pasteur La Faye et J. Mercier, député de l'Ile de France, elle fut inscrite par ordre du synode dans le cahier de plaintes et remontrances pour ceux de la reliijion : présenté au roi par J. Mercier 4 :
Art. 04 : « Et pour ce que les habitans de la ville de Paris et des environs faisant profession et ayant l'exercice de la R. P. R. au lieu d'Ablon, estant contraincts d'y faire porter leurs enfants pour estre baptisés, les exposent en apparent danger de mort, tant pour la longueur et incommodité du chemin que à cause des grandes froidures de l'hyver et chaleurs de l'esté, dont il est advenu que plusieurs desdits enfants, jusques au nombre de quarante, ont esté l'hyver passé misérablement esteints et suffoqués, et que d'ailleurs les hommes sexagénaires, femmes grosses, petits enfants et les valétudinaires sont privés dudit exer-
1. Acte relevé par M. Read dans les registres des baptêmes, etc., brûlés en 1871 à l'Hôtel de Ville, et publié dans le B. h. p., 1891, p. 350 : « Le dimanche 23 de ce mois fut baptisé au presche à Ablon un jeune homme âgé de 25 à 26 ans qui n'avoit encores esté baptisé, pour ce que son père et sa mère estoient anabaptistes. »