ACTES FAITS AU NOM DU CONSISTOIRE
ries, il soit expressément question de « Messieurs du Consistoire » et non plus de « Messieurs de la religion reformée » en général ; cette appellation elle-même est digne de remarque, au point de vue protocolaire, car bientôt les termes déjà en usage alors : « religion prétendue réformée » deviendront obligatoires.
Nous publions également (X) la délibération du Consistoire la première à nous connue, au xvne siècle — approuvant les arrangements faits par ses mandataires en cette occasion : elle est signée des pasteurs et anciens.
Les années précédentes les réunions du Consistoire avaient eu lieu, et continueront malgré la cession, à avoir lieu précisément dans cette « maison des degrés, » toute proche du temple. C'est ce que nous apprend une troisième pièce datée du même jour (XI) : un acte sous seing privé par lequel Desfossés promet à P. de Ruquidort et à Ferreur que ni par vente ni par héritage la maison ne tombera jamais entre les mains de personnes catholiques « tant et sy longuement que l'exercice de ladite religion refformée sera continué aud. lieu d'Ablon : » or, au moment où ils réglaient les comptes de construction du temple, le transfert refusé deux ans auparavant était sur le point d'être accordé ; le culte ne devait plus être célébré à Ablon que pendant quelques mois.
L'acte relatif aux comptes du temple fut rédigé quelques jours après la session d'un synode provincial qui se tint précisément à Ablon du 16 au 19 mars 1605 (ce fut, semble-t-il, le premier et le dernier réuni dans ce temple *) : « Le mercredy 16e mars les ministres des trois provinces : Isle de France, Picardie et Champagne, jusques au nombre de trente-deux, s'assemblèrent à Ablon. » Il y avait en effet trente-quatre églises sur la liste
1. Deux documents publiés par M. Read (B. h. p., 1891, p. 433 et 436), tous deux émanant d'informateurs catholiques, se rapportent à la même assemblée, bien que M. Read, d'après une suscription postérieure et erronée, parle d'abord d'un colloque, et ensuite d'un synode : l'époque de réunion est la même (dans le second document, sans date, il s'agit d'un temps peu antérieur au vendredi saint) ; le président est le même ; enfin un colloque n'aurait compris que les églises de l'Ile de France, et non ceux des provinces voisines : enfin le texte du premier document porte expressément (p. 434) qu'il s'agit d'un synode (Bib. nat., fonds Brienne, t. 210). Le <• ministre de la frontière de Picardie » dont il est question est sans doute l'ancien jésuite Edmond Daix de Beauvalet, pasteur à Levai depuis 1603 tli. h. i>., 1854, p. 444 ; 1896, p. 237). Levai est entre Lesehelle et Esquéhéries (canton du Nouvion, Aisne).
118 l'église réformée de PARIS SOIS HENRI IV
dressée en 1603 1 pour les quatre colloques — il faut ainsi corriger, en ajoutant la Brie — : ce qui dut faire plus de soixante députés présents, y compris les anciens. « Il n'a esté traicté et conclu que des affaires particulières de leurs Eglises, comme des gages des pasteurs, du règlement des deniers que le Roy octroyé aux Ministres, de la subvention aux veufves d'aucuns ministres, des deniers des pauvres, etc. Sa Majesté a tesmoigné n'avoir agréable une lettre que Madame de Chastillon écrivoit à Madame de Fervacques mère de Monsieur le comte de Laval nouvellement converty à la religion catholique -, en laquelle ladite dame prioit la dame de Fervacques d'empescher que son fils ne tombast es pattes de l'Antéchrist... ». Dans ce temple même où la quasifiancée de Laval, Mademoiselle de Rosny, venait d'être mariée au duc de Rohan, l'évocation de cette affaire dut être assez désagréable. On y traita aussi d'un autre incident qui s'était passé là même à propos du médecin Mercier et de son enfant mort le jour du baptême ; nous en parlons ailleurs. Un jour de jeûne fut ordonné pour le vendredi saint (8 avril suivant).
Josias Mercier était probablement présent, venu de Grigny, ainsi que son collègue depuis quatre ans M. de Saint-Germain, lorsqu'on eut à choisir les candidats à présenter au roi comme « députez et agens pour ceux de la religion » auprès de lui. « Ceux que laditte Assemblée a nommés sont d'une part M. de la Noue avec le sieur des Bordes pour estre continué [preuve de confiance très honorable pour J. Mercier], d'autre part M. de Monlouët [le commissaire pour l'exécution de l'Edit à Ablon] avec le sieur de L'Age, intendant de la maison de Monseigneur le prince de Condé. Autres ont aussy nommés M. des Réaulx. »
Les représentants de l'Eglise de Paris au synode paraissent avoir été :: Montigny et Du Moulin comme pasteurs, de Gastine et Poupart comme anciens, et Montigny présida les séances. Il est probable qu'on y souleva la question du transfert du culte plus près de Paris, question dont nous verrons Du Moulin et Sully s'occuper quatre mois plus tard, à Chàtellerault, lors de l'assemblée générale que préparait, comme tous les synodes provinciaux, celui d' Ablon.
Avant de narrer ces nouvelles vicissitudes de l'exercice du