Peut-être eu
5. MM. Read, Coquerel et Bonnin ont traduit comme s'il y avait aimées (sous-entendu) au lieu de lustres (cinq ir'iiées), mot exprimé une fois pour toutes, ce qui rendait la chronologie incompréhensible. La vraie traduction fournit au contraire des dates correspondant à celles qu'on connaissait déjà et plusieurs autres qui sont nouvelles.
FRANÇOIS DE LOBÉRAN 12.")
est très ajusté, avec un haut col rabattu et une sorte d'épaulettes i.
Les armes de Lobéran sont : écartelé au 1 et au 4 d'azur au lion d'or couronné, au 2 et au 3 du même au chevron d'argent à trois roses ou quintefeuilles posées deux et une.
Dans les actes officiels concernant les affaires ecclésiastiques Lobéran figure — souvent en tète — comme « ministre de la parole de Dieu en l'Eglise réformée de Paris - ; » mais dans les contrats concernant son château d'Ablon Montigny n'est pas qualifié pasteur mais « noble homme M. François de Lobéran, conseiller du roi et maître des requestes de la maison et couronne de Navarre, » titres honorifiques qui n'impliquent pas qu'il ait rempli effectivement une charge auprès de Henri IV. Un autre témoignage de l'estime et de l'affection du roi nous est fourni par le seul objet que nous connaissions comme ayant appartenu à Lobéran : une belle Bible offerte sans doute par Henri IV après son abjuration, et comme souvenir reconnaissant à son fidèle serviteur. La reliure très soignée, en maroquin rouge sombre, est parsemée de fleurs de lis. Passée par héritage au fils, puis à la petite-fille de Lobéran, elle a été déposée, à l'occasion du troisième
1. Dans la vie quotidienne les pasteurs de cette époque ne se distinguaient guère des laïques par leur costume : le fils d'un Orléanais condisciple de Lobéran à Genève, D. Bourguignon, après son abjuration, se moque des « ministres sans vestemens et paremens de bienséance, de révérence, plustost ridicules, prophanes, tantost en habit de soldats, tantost en habit de marchands, preschans quelquefois les bottes aux jambes et Pespéc au costé » (Déclaration du Sr Bourguignon eu devant ministre, etc., Paris, Giffard, 1617, in-8°). Cependant la plupart — dont Lobéran était, d'après son portrait — se donnaient « en bon exemple » pour mieux « exhorter les peuples à garder modestie dans leurs accoutrements » conformément aux décisions synodales (Discipline, art. XX, introduit par le Synode de Paris, 1565). Pour prêcher, en général, ils revêtaient la robe, sauf dans les lieux de culte trop difficiles d'accès : le père Coton ayant demandé pourquoi les réformés disent « qu'il ne faut user d'ornemens ecclésiastiques distinguez des séculiers en l'Eglise, » Du Moulin proteste : « Qui a jamais dit cela ? les pasteurs n'ont-ils point leur habit propre à l'action es églises où on peut aller servir Dieu sans monter à cheval. »
(Trente-deux demandes proposées par le I'. Cotton, avec les solutions
par P. Du Moulin, La Rochelle, X. de la Croix, 1608, XXI* demande». On trouvera quelques autres détails dans notre article sur le Costume des pasteurs (B. h. p., 1901, p. 512).
2. Acte du 1 oct. 1606 concernant Charenton {fi. h. p., 1854, p. 132, etc.).
centenaire de l'ouverture d'un temple à Ablon, à la Bibliothèque d'histoire du protestantisme 1.
A Paris Lobéran demeura d'abord près du Louvre et de l'hôtel de Madame, « rue des deux escus -. » Après la mort de Madame, et lorsqu'il est devenu propriétaire du château d'Ablon, nous le trouvons déménagé (1604) sur la rive gauche, mais sans beaucoup s'éloigner encore du Louvre : « faubourg Saint Germain des Prez, sur le fossé de la porte de Nesle, » c'est-à-dire vers la Monnaie actuelle.
1. Don de M. Garreta en 1901. Le B. h. p., 1901, p. 320, n° 2, fait un intéressant rapprochement entre cette Bible (qu'il dit être de 1587) et une autre exposée par la Bibl. publique de Genève en 1896 à l'exposition nationale suisse avec la notice suivante : « N° 814. Reliure en maroquin rouge, dos et plats entièrement dorés à petits fers, avec pointillé et mosaïque de maroquin bleu ; sur chaque plat, grand médaillon aux armes de France et
de Navarre, en maroquin vert et rouge sur fond de maroquin citron ; tranches dorées et ciselées. » (Bible de Genève, 1588, in-fol.).
Note manuscrite sur une feuille de garde :
« Cette belle Bible ayant esté imprimée en papier de Florance, reiglee, lavée et couverte ainsi qu'elle se veoid aux frais de Monsr Bot an, ministre de la parole de Dieu, il m'auroit icelle envoyée à Paris, avec deux autres de mesme volume et pris, pour faire présenter cette cy au Boy, la seconde à Madame sa sœur, la tierce à Monseigneur de Sancy. Mais le Boy ja diverti à l'Eglise romaine, n'ayant voulu la sienne,
ledit Sr Botan me l'a donnée les deux autres ayant esté délivrées à qui
elles estoient vouées. Et est depuis le Sr Botan décédé à Castres, à la grande perte de l'Eglise, [signé :] Mareschal. » Nous avons parlé ci-dessus, I" parlie, eh. II, p. .")(), du livre composé par Botan après l'abjuration de Cayer.
2. Min. François, 1(501 et 1603, pitssim. C'est une des rares voies de ce quartier qui aient conservé leur ancien nom : elle n'est pas loin de la première demeure de Lobéran que nous avons mentionnée ci-dessus, « rue du Coq. »
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PREMIERE PAGE D UNE BIBLE AYANT APPARTENU A HENRI IV ET A LOBÉRAN DE MONTIGNY