Les QiMtre Concordats, t. II, p
les dates. Lorsque les anciens papes recouraient à Tusage de cette arme , continue Tancien archevêque de Malines» ils faisaient ce qui était dans Tesprit de leur temps. L'excommunication était alors tout ce qu'il y avait de plus redoutable dans la main qui en était armée et le pire des maux pour ceux qui en étaient atteints. Tl y avait par conséquent de l'harmonie entre le principe de l'action et son résultat ; mais quand une autre disposition des esprits a créé un autre ordre de choses, lorsque le glaive qui perçait les plus fortes cuirasses se trouve émoussé, et lorsque ce qui était le plus redoutable a cesse d'être redouté, par suite du même principe qui a fait agir dans un temps, il aurait maintenant fallu s'abstenir. Quand des armes de cette espèce ne tuent pas sur la place, il faut les laisser dans le fourreau. Quelque considération peut s'attacher à leur repos et quelque vertu h rincertitude de leur eflfef, car on ne peut juger d'une machine dont on n'a point fait l'essai, au lieu que la déconsidération la plus complète est le résultat le plus inévitable d'une tentative avortée. Alors on risque de se tuer soi-même par l'usage de l'arme que l'on destinait à tuer son adversaire. C'est ce qu'a éprouvé le pape... Beaucoup de personnes ne pouvaient consentir à crcrire à Texistence de la bulle
d'excommunication et la regardaient comme une supposition inventée dans une vue hostile au pape, tant ses résultats étaient clairs. En effet cette démarche partageait les torts entre Pie YII et Napoléon. Elle enlevait au premier ce qui lui avait exclusivement appartenu jusqu'alors, Tintérêt combiné de ses fonctions et de sa faiblesse, de son caractère et de ses malheurs. •• On commença à croire que Napoléon pouvait avoir moins de torts qu'on ne l'avait supposé jusque-là. On se rapprocha de lui comme de l'objet d'une attaque offensante pour l'esprit humain;... peu s'en fallut que de persécuteur qu'on l'accusait d'être il ne parût à son' tour persécuté, et la cour de Rome avait trouvé là le moyen de gâter une belle cause. •• ))
Nous avons reproduit ce passage de l'auteur des Quatre Concordats parce qu'il représente assez bien, quoique avec un peu d'exagération, l'impression alors ressentie non-seulement par le public en géné^ raU mais aussi, il ne faut pas le dissimuler^ par une partie notable des membres de ce clergé impérialiste parmi lesquels l'archevêque nommé de Malines allait jouer un rôle désormais très-actif et parfois assez prépondérant. Où l'abbé de Pradt se trompe complètement, c'est quand il suppose que, d'accord avec les
ennemis de Tempereur, et fondant quelques espérances sur les embarras militaires qui suivirent la bataille d'Essling, Pie YII avait intentionnellement lancé la bulle d'excommunication au moment où la fortune de Napoléon lui avait paru chanceler en Allemagne. Nos lecteurs savent qu'il n'en esl rien, et que le pape ne choisit pas son jour. Ce fut à Theure même de la prise de possession de ses États, pendant que retentissait à ses oreilles le bruit des salves de Tartillerie qui saluaient le drapeau français arboré au château Saint-Ange, que Pie VII, violemment indigné de cet acte de spoliation, et cédant aux vives instances de son secrétaire d'Ëtat, le cardinal Pacca, avait ordonné la publication immédiate de la bulle d'excommunication, qui avait été pendant la nuit affichée sur les murailles des principales églises de Rome. Peut-être se souvient-on aussi que, relisant une dernière fois TcBuvre depuis longtemps élaborée par le cardinal di Pietro, le saint-père avait un instatit témoigné quelque inquiétude sur la teneur de I9 bulle ^trouvé bien fortes les expressions qu'on y employait contre le gouvernement français. Cependant, les circonstances pressant, il avait signé , tion sans troublé^ cette pièce, dont le moindre tort était d'être fort longue et passablement diffuse. Le docte et pieux car-
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dinal di Pietro, fort aimé du souverain pontife, n'en avait pas été le seul rédacteur. Il s'était aidé du concours de deux théologiens renommés pour leur science canonique, les abbés Fontaua et Gregori.
Le mérite et les vertus de ces trois auteurs de la bulle étaient au-dessus de toute contestation, mais c'était un mérite et des vertus purement ecclésiastiques. Il n'y avait pas un seul d'entre eux qui fût le moins du monde versé dans les affaires de son temps ou seulement capable de discerner instinctivement quels écueils il importait d'éviter, et quel langage il convenait en si grave occurrence de faire tenir au chef de la catholicité. Non-seulement celui qu'ils avaient mis dans la bouche du Pie VII était intempestivement emprunté* aux plus vieilles formules de la chancellerie pontificale, mais il contrastait étrangement par un accent dur et presque allier avec le style ordinaire du modeste pontife. Rien ne rappelait moins sa douceur inaltérable que le ton général de cette pièce et certaines maximes imprudemment hasardées par ses malencontreux interprètes.
Que dans cette bulle, destinée à un si grand relen' tissement, d'une autorité si considérable sous le rapport de la religion et de si grande conséquence en politique, on eût confondu ensemble d'un bout à
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Tautre, à chaque page, presque dans chaque phrase, les reproches de l'ordre purement temporel et ceux d'un caractère exclusivement spirituel, que dans rénuméralion infiniment détaillée des griefs du pape on les eût tous mis péle-mêle sur le même plan, les plus sérieux venant à la suite des plus futiles, cela était évidemment une maladresse bien dommageable pour la cour de Rome ; mais cette première maladresse devenait prjesque insignifiante en comparaison de celle qui consistait, lorsqu'on avait à se plaindre d'un souverain, objet de la jalousie et des rancunes de tant d'autres princes qu'il avait vaincus et humi- . liés, à proclamer en même temps certaines doctrines qui semblaient tout justement calculées pour ranger contre soi et du côté de l'empereur tant d'alliés naturels. A coup sûr, en Europe comme en France, les partisans éclairés de la cause du saint-siége durent se demander ce qu'était devenue la sagesse traditionnelle du Vatican, lorsqu'ils découvrirent au beau milieu de la sentence pontificale ce paragraphe : u Si nous ne voulons pas être accusé d'indiflerence et de lâcheté, ou même d'avoir honteusement abandonné la cause du Seigneur, il ne nous reste plus qu'à faire taire toute considération humaine et toute prudence charnelle pour mettre en pratique ce précepte de
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rÉvangile : s'il refuse d'écouter VÉglisCy qu'il soit ti vos yeux comme un païen et un publicain. Que nos persécuteurs apprennent donc une fois que la loi de Jésus-Christ les a soumis à notre autorité et à notre trône, car, nou^ aussi^ nous portons le sceptre, et nous pouvons même dire que notre puissance est bien supérieure à la leur, à moins qu'on ne prétende qu'il est juste que V esprit le cède à la chair ^ et que les intérêts du ciel passent après ceux de la terre ^, »
Tel est le ton des passages qui avaient le don fatal d'exciter à la fois la colère sourde et les sarcasmes affichés et bruyants de l'empereur de^ Français. On devine avec quelle habileté il savait s'en servir pour plaisanter sur son excommunication, pour se moquer rudement , et quelquefois devant eux, des cardinaux et des évoques, qui n'en communiquaient pas moins avec lui in divinisy et, malgré les prescriptions de leur chef, ne se faisaient pas faute d^assister tous les dimanches à la messe de celui qu'ils avaient reçu
ik Billle d'excomnlunication publiée et affichée dans Rome le io juin 1809. dette bulle, Comiiie toutes les pièces officielles émanées de la chaucellerie pontificale, est écrite en latin. Elle porte en tète : Plus PP, VU , ad pérpetuam rei mèmoricm. Elle commence parces mots : QutMn mèmoranda,,» Nous avons suivi la traduction donnée dans les OEuvres complètes du cardinal Pacca, t. V^i p. 12Sl.
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ordre de fuir comme un païen et un publicain. L'abbé de Pradt ne rapporte donc que la vérité, quand il met ainsi l'empereur en action dans des scènes qui se sont le plus souvent passées sous ses yeux. Peut-être a-t-il cependant le tort de n'avoir pas suffisamment indiqué que c'était particulièrement devant les ecclésiastiques comme lui que Napoléon se livrait à ces sortes de plaisanteries. Ce dédain dont il faisait parade devant eux cessait assez vite hors de leur présence, et ce mépris affecté faisait place à un tout autre sentiment quand il en parlait soit aux ministres exécuteurs de ses volontés, soit même aux membres du conseil d'État qui possédaient sa confiance.
Il n'avait pas en effet échappé à la perspicacité de Tempereur que la mesure prise par le souverain pontife pouvait produire des effets très-fâcheux dans les pays catholiques nouvellement annexés, restés en communication intime avec le saint-siége et de vieille date habitués à lui obéir ponctuellement, comme en Belgique, par exemple, et dans les Flandres, où les prières pro imperatore furent en réalité presque complètement supprimées à cette époque, au moins pour quelque temps. Il en craignait également les conséquences possibles en Bretagne, en Normandie, dans la Vendée, au sein de toutes ces populations qui écou-
taient encore volontiers la Voix de leurs prêtres, parmi lesquelles la conscription n'avait jamais été populaire, et dont la soumission commençait à être mise à si rude épreuve par les fréquentes levées d'hommes. D'inquiétudes tout à fait sérieuses, il n'en éprouvait pas encore; mais ce serait méconnaître la prévoyance naturelle de l'empereur et ses dispositions facilement ombrageuses, que de s'imaginer qu'il n'ait pas d'abord été frappé des dangers qui pouvaient résulter pour lui de la publicité donnée à la bulle d'excommunication. A peine avait-il reçu à Scbœnbrunn l'exemplaire latin qui lui avait été directement adressé par le général Miollis, qu'il avait immédiatement ordonné à son nouveau ministre des cultes, M. le comte Bigot de Préameneu, de le faire traduire en grand secret, de lui mander ce qu'il pensait de la bulle et quel parti il valait mieux prendre à ce sujet. Les matières sur lesquelles il était consulté n'étaient à aucun degré nouvelles pour ce correspondant de l'empereur. Élevé au séminaire de Rennes, qu'il avait ensuite quitté pour étudier exclusivement le droit, avocat au barreau de Bretagne en 1778, et reçu en la même qualité l'année suivante au parlement de Paris, M. Bigot de Préameneu avait été lié dès sa jeunesse avec M. Portalis, non-seulement par
les affinités de leur commune profession, mais par le goût élevé des mêmes études et par une certaine analogie d'opinions. Membre de l'Assemblée législative, M. Bigot y avait fait preuve de modération autant que de courage à propos des affaires du clergé et des mesures sévères prises contre les prêtres insermentés. Retenu à Paris pendant la terreur, il n'avait dû la liberté et la vie qu'au 9 thermidor. Les dangers qu'il venait de courir l'ayant à cette époque profondément dégoûté de la vie publique, l'ancien avocat était tout naturellement retourné à ses études favorites du droit. Sa réputation comme jurisconsulte n'avait pas tardé à le faire admettre en 1799 à l'Institut, dans la section des sciences morales et politiques.
Ce fut dans le sein de ce corps illustre que le premier consul vint le prendre après le 18 brumaire pour le nommer commissaire du gouvernement près du tribunal de cassation. Quelques mois après, il le désignait, avec Tronchet et Portalis, pour rédiger le projet préliminaire de code civil destiné à être érigé en loi générale. L'exposé des motifs du titre des absents, celui de la paternité et de la filiation, celui des donations entre vifs et des testaments, qui étaient l'œuvre personnelle de M. Bigot, furent alors particulièrement remarqués, et lui valurent l'entrée au conseil d'État
(21 décembre 1801). Peu de temps après, 20 aoûtl802, il devenait président de la section de législation, en remplacement de M. Boulay de la Meurthe. On le voit, tous les précédents de sa carrière, sa liaison restée intime avec M. Portalis, désignaient particulièrement M. Bigot de Préameneu au choix de Tempereur quand, au mois d*août 1807, il eut le malheur de perdre son habile ministre des cultes, juste au moment où les différends avec la cour de Rome, jusque-là plutôt politiques, prenaient tout à coup une tournure presque exclusivement religieuse et de la plus extrême gravité. Les nuances mêmes, soit d'opinion, soit de caractère, qui sur ces questions délicates avaient toujours séparé légèrement les deux amis, étaient de nature à déterminer en cette occasion les préférences du chef de rÉtat. M. Bigot de Préameneu, de mœurs graves, et gallican de principes comme M. Portalis, avait plus que lui gardé contre les doctrines et les pratiques traditionnelles du saint-siége quelque chose des profondes méfiances et de la sourde hostilité qui, sous Tancien régime , constituaient le véritable esprit de corps des parlements français, et particulièrement des barreaux de* Paris et de la Bretagne. Dans sa présente tendance à s'armer de toutes pièces contre les agressions spirituelles du pape et les théories ultra-
montâmes, dans sa disposition actuelle à punir sui* vant toute la rigueur des lois civiles les moindres velléités de résistance du clergé, Napoléon était assuré de trouver chez son nouveau ministre des cultes, outre la déférence qui n*a jamais fait défaut à aucun des fonctionnaires de Tempire, cette ardeur empressée qui résulte de la ferme persuasion qu'on s'acquitte d'une tâche pénible peut-être, mais juste et nécessaire. Hâtons-nous d'ajouter que la douceur de M. Bigot de Préameneu et l'aménité de ses formes ne laissaient rien à désirer. Personne n'avait moins que lui de goût pour les mesures de persécution ou seulement de contrainte. S'il détestait lés maximes de ses adversaires ultramontains, il était sans animosité contre leurs personnes. Autant qu'il dépendait de lui, il les protégea toujours, sans en rien dire, contre les violentes colères du chef de l'État. Obligé par sa position d'exécuter ponctuellement les sévérités parfois impitoyables de Napoléon , il s'appliqua le plus souvent à les tempérer, au moins en secret ; plus d'une fois il y réussit, et les pièces nombreuses qui nous ont passé sous les yeux témoignent de la façon la plus honorable pour sa mémoire à quel point, lorsque éclatèrent les orages de 1810 et de 1811 , les cardinaux italiens et les évêques français, objet du courroux de l'empereur.
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durent s'estimer heureux de rencontrer pour intermédiaire auprès d'un mattre si redoutable un ministre à coup sûr très-soumis à ses volontés, mais qui, sans lui désobéir et sans trop se compromettre, fort de la confiance quMI était sûr d'inspirer, savait au besoin prendre sur lui d'adoucir quelque peu les mesures auxquelles il n'était pas toujours en son pouvoir de s'opposer.
Les convictions foncièrement gallicanes qui étaient de vieille date celles de M. Bigot de Préameneu, sa tendance naturelle à entrer dans les vues de l'empereur avec le secret désir de les mitiger un peu, nous semblent se révéler telles que nous avons essayé de les indiquer, dans le mémoire substantiel qu'en réponse aux lettres venues d'Allemagne le nouveau ministre des cultes s'empressa d'adresser à l'empereur le 3 juillet 1809^, c'est-à-dire juste trois jours avant que ne fût livrée la décisive bataille de Wagram. Après avoir assuré à Napoléon qu'il avait, suivant ses ordres et pour plus de secret, dicté lui-même la traduction de la bulle d'excommunication au secrétaire général du ministère, M. Bigot exprimait en ces termes rimpression qu'il ea avait reçue :
« Il parait, disait-il en commentant, que le pape a senti lui-même que les excès dans lesquels les
anciens pontifes avaient donné, en attribuant à leurs excommunications des effets relatifs aux droits des souverains et à Tobéissanee des peuples, seraient aujourd'hui ridicules, s'ils n'étaient considérés comme des crimes d'État. II s'est expliqué à cet égard par la phrase suivante : a Mais tandis que nous sommes forcé de faire sortir du fourreau le glaive de la vérité, nous ne pouvons oublier que nous tenons aussi sur la terre, malgré notre indignité, la place de celui qui, en exerçant sa justice, ne cesse pas d'être le Dieu de la miséricorde. C'est pourquoi nous défendons expressément, en vertu de la sainte obéissance, à tous les peuples chrétiens et surtout à nos sujets, de causer, à Toccasion des présentes lettres ou sous quelque pré^ texte que ce soit, le moindre tort, le moindre préjudice, le moindre dommage à ceux que ces censures regardent, soit dans leurs biens, sbit dans leurs droits ou prérogatives... » On ne remarque pas moins ici, poursuivait le comte Bigot de Préameneu, la subtilité et les prétentions de la cour de Rome, en ce que le pape ne semble faire que par rémission et par indulgence ce qui eût été de sa part, ^il l'eût osé, l'excès le plus coupable.
« Il est encore vrai qu'en même temps qu'il parle du maintien de la soumission aux autorités, le saint-
père cherche à peindre avec les couleurs les plus noires les mauvais traitements et les vexations qu'il assure avoir essuyés depuis le 2 février dernier. Il répète ce qu'il a déjà avancé dans les protestations et les allocutions que Votre Majesté connaît. On ne peut se dissimuler que la publicité qu'il cherche à donner à ces actes n'ait été dans Tintenlion de former un parti; mais Votre Majesté sait aussi combien celte tentative a été et restera nulle et sans effet, et je ne vois aucune portion de Tempire où la nouvelle forme donnée au gouvernement de Rome fasse une impression qui puisse causer quelque trouble ou donner seulement la moindre inquiétude. SMI y a dans le nord de la Belgique quelque fermentation, j^lle est demeurée jusqu'à présent sans conséquences. J'ai d'ailleurs écrit aux évèques de se tenir sur leurs gardes et de m'avertir exactement. De leur côté les ministres de la police et de la guerre exercent la plus sévère surveillance. Ainsi la bulle peut être considérée comme une vaine et inutile protestation, du genre de celles que Votre Majesté a toujours laissées tomber d'elles-mêmes * . »
1 . Lettre de M. le comte Bigot de Préameneu, ministre des cultes, à Tempereur Napoléon l", 3 juillet 1809.
Après avoir ainsi rassuré l'empereur sur ce qui pouvait exciter le plus vivement son inquiétude, c'està-dire sur les atteintes que la mesure du saint-père pouvait porter à l'exercice de son pouvoir, M. Bigot examinait s'il était à craindre que la bulle d'excommunication eût, comme censure et peine ecclésiastique, des effets extérieurs :
« Je ne le pense pas, disait-il ; Votre Majesté n'est nulle part nommée. Or il est de règle, remarquent les canonistes, que l'Église ne veut pas comprendre les souverains dans les peines prononcées pour entreprise des seigneurs temporels. Ainsi, elle ne croirait pas s'expliquer assez en disant : quoiqu'ils brillent de rhonneur de quelque grande dignité que ce soit^ quoique ce soient des personnes dignes d'être notées spécialement ^ Or, ce sont les expressions de la bulle du 10 juin. Ainsi dans le système même des canonistes, on doit décider que l'intention du saint-père n*a pas été que Votre Majesté fût atteinte par sa bulle^ puisqu'il savait que ces désignations étaient insuffisantes. Il y a plus, la bulle ne frappe qui que ce soit^ . . Nul n'étant spécialement frappé de l'anathème^ il faui dire ou qu'elle n'atteint personne^ ou qu'elle s'étend