‹ L'Église romaine et le premier empire 1800-1814; avec notes, correspondances diplomatiques et pièces justificatives entièrement inédites (volume 2)Chapitre 36 sur 80 · Relation de l'abbé Rndemare · texte numérisé non relu

Relation de l'abbé Rndemare

2. Voyez les Pièces jmtificatives publiées à la suite de la Vie d» cardinal Fesch , par Tabbé Lyonnet,

SENTENCE DE L'OFFICIAUTÉ 235

il décida qu'elle était en effet compétente. Cependant ni le cardinal Fesch ni Tabbé Émery ne donnèrent leur signature. Le premier avait cru ne pas devoir, assister aux séances tenues à ce sujet par le comité, en raison sans doute de la bénédiction nuptiale quMl avait donnée aux époiix en 1804, ce qui le mettait personnellement en cause. Quant à l'abbé Émery, il n'y avait point paru non plus , soit qu'il n'eût pas été convoqué, soit plutôt qu'il eût pris sur lui de s'absenter pour demeurer étranger à la décision de cette délicate affaire. Muni de la déclaration de compétence qu'il avait exigée, et que lui avait apportée un sieur Guyeù , secrétaire de l'impératrice mère, à qui Cambacérès avait donné mission de suivre et de presser * l'expédition de la sentence diocésaine, l'officialité dut se mettre à l'œuvre; mais beaucoup de documents essentiels lui manquaient encore.

Dans l'entrevue dont nous avons déjà rendu compte, Cambacérès avait raconté aux membres de l'officialité comment le mariage avait eu lieu, à la veille du sacre, au milieu de la nuit, sans curé, sans témoin, dans la chambre même de l'impératrice. Ils avaient alors réclamé l'acte de célébration. — 11 n'y en a . point, avait répondu le chancelier ; ce qui était faux, car cet acte avait été dressé et délivré par le cardinal

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Fesch à Joséphine, qui Tavait depuis ce temps gardé précieusement dans sa cassette, et ne Tavait remis qu'après beaucoup d'hésitations et de larmes à ses enfants, le prince Eugène et la reine Hortense, chargés par l'empereur de le lui redemander et prpbable-

ment de le détruire ^ Ils avaient insisté pour avoir au moins l'acte de baptême de l'empereur. L'archichancelier ne l'avait pas davantage. « C'est cependant une pièce qu'il nous est prescrit de nous procurer. — Je ne puis vous la procurer; mais je l'ai vue, et il me semble que la parole d'un prince doit vous suffire; » puis il avait ajouté : u Nous désirons que cette affaire se termine promptement , et avoir le plus tôt possible la décision du tribunal. — Monseigneur, lui avait-il été répondu, cette affaire doit pourtant être instruite et jugée comme celle de tous les sujets de Sa Majesté. — Quoi ? dit Gambacérès , vous voulez suivre les formes! Tout cela va traîner en longueur; j'ai élé jurisconsulte : les formes tuent le fond. » Les formes, contre lesquelles l'archichancelier avait tant d'objections, ne furent pas en effet bien rigoureusement observées, ou du moins elles furent singulièrement

1. Voyez M. Thiers, Histoire du Consulat et de V Empire, t. XI» p. 353.

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