‹ L'Église romaine et le premier Empire 1800-1814; avec notes, correspondances diplomatiques et pièces justificatives entièrement inédits (volume 4)Chapitre 2 sur 83 · ÉTAT D'ESPRIT DE PIE VII · texte numérisé non relu

ÉTAT D'ESPRIT DE PIE VII

paiion (lu saiut-père. Parmi les assurances aussi vagues que tionibrettses qui lui furent prodiguées pour décider son voyage, une seule avait paru lui tenir à cœur, à savoir : qu'en dehors des communicaiions officielles entre les deux gouvernements, l'empereur s'aboucherait confîdemment avec lui et l'écouterait favorablement au sujet des affaires de la religion. Sur ce seul engagement que, verbalement et par écrit , il n'avait pas cessé d'exiger avec une persistante inflexibilité, s'étaient fondées, à vrai dire, toutes ses espérances.

Resté toujours modeste, timide même, dans ses relations personnelles. Pie VU? depuis qu'il était monté sur le siège de saint Pierre, n'eu avait pas moins acquis une certame confiance dans l'autorité de son action pontificale. Le choix que le sacré collège avait fait^de lui, cette élévation si imprévue, si peu souhaitée, qui était venue le surprendre au sein de la plus innocente obscurité, lui étaient clairement apparus comme le signe des mystérieux desseins que la Providence se proposait d'accomphr par son humble entremise. Les respects mérités que ses rai'es vertus lui avaient attirés de la part de ses sujets itahens et des catholiques du monde entier, avaient entlé son cœur d'esiîoir ; les témoignages de déférence qu'il avait reçus des souverains de l'Em'ope ; plus que tout le reste, l'empressement que le chef de la France républicaine avait mis à le re-

chercher et la facilité avec laquelle avait été signé le concordat, cet heureux fruit de leur utile accord, avaient insensiblement convaincu le pieux pontife qu'une sainte mission lui était réservée, à laquelle les secours d'en haut ne feraient certainement point défaut, mais pour laquelle, à ne tenir compte que des considérations purement humaines, il se croyait aussi merveilleusement préparé.

Pendant la durée déjà longue de sa carrière ecclésiastique, jamais il n'avait pris parti contre ces principes de 89 si chers à la révolution française, et qu'elle s'était donné mission de répandre de l'autre côté des Alpes. Il leur avait, au contraire, comme évêque d'Imola, par sa lettre pastorale de 1797, donné dans une solennelle circonstance la plus éclatante adhésion. Bien différent en cela de son fidèle serviteur e^de son ami le secrétaire d'État Consalvi, il avait le bonheur de n'avoir d'attache d'aucune sorte avec les vieilles royautés déchues, et d'être sans liens d'affection particulière avec les partisans de l'ancien régime, demeurés si nombreux parmi les membres du sacré collège. Par ses antécédents, par ses sympathies bien avérées, par un heureux concours de circonstances tout à fait singulières, il semblait réaliser dans sa personne le véritable type du pape des temps modernes. Le gouvernement d'origine démocratique qui était en train de se fonder en France n'avait plus rien qui pût h aucun degré

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