Lettre de l'empereur au cardinal Fesch, du 16 mai
3. Lettre de l'empereur à M. de Talleyrand, 26 mai 1806. — Corretpondatiee de Nnjioléon I^r, t. XII, p. 402.
que nous avons déjîi citée et qui devait, d'après ses intentions, rester profondément secrète , nous trouvons cette prudente mais effrontée recommandMtion : « Si vous demeurez à Rome, laissez faire à Alquier tout ce qui sera odieux et restez neutre *. » Évidemment, lorsque l'empereur se servait de pareilles paroles, les actes de violence étaient proches: on le pressentait à Rome, et l'émotion y était indicible.
Chez le saint père, le trouble de l'âme était plus profond et plus douloureux que chez le secrétaire d'État. Ainsi que Gonsalvi, Pie VII était parfaitement décidé à résister, coûte que coûte, aux menaçantes injonctions de l'empereur; mais il sentait tristement que sa résistance, toujours imputée au zélé serviteur qui était en môme temps pour lui un véritable ami, compromettait de plus en plus la sûreté personnelle de son ministre. De la légation romaine à Paris, il ne venait aucune aide au saint-père. Le cardinal Caprara, au lieu d'approuver les refus qu'on opposait à Rome aux exigences de l'empereur, prêchait ouvertement la plus complète soumission à ses volontés, quelles qu'elles fussent. Le pape se trompait, suivant lui, en s'imaginant « que son devoir lui commandait de repousser des concessions auxquelles la faiblesse matérielle