‹ L'Église romaine et le premier Empire 1800-1814; avec notes, correspondances diplomatiques et pièces justificatives entièrement inédits (volume 4)Chapitre 49 sur 83 · Letlro do rempen'ur à M. Fouclu', I't ;ioù · texte numérisé non relu

Letlro do rempen'ur à M. Fouclu', I't ;ioù

pereur et celle de la ratification du concordat. A cette fête se joindraient les actions de grâces pour la prospérité de lEmpire. On chercherait à donner à la procession qui continuerait à se l'aire ce jour-là un caractère propre à effacer les anciens souvenirs. 2" Le premier dimanche qui suivra le jour correspondant au 1 1 frimaire, on célébrerait en même temps les succès de la grande armée et l'époque du couronnen^ent. Dans les discours que ferait un membre du clergé, on parlerait particulièrement des citoyens de la commune qui seraient morts à la bataille dAusterUtz *. » Les anciens souvenirs qu'il s'agissait d'effacer étaient ceux de la fête de l'Assomption, et, si nous ne nous trompons, du vœu par lequel le roi Louis XIII avait jadis placé la France sous la protection particulière de la sainte Vierge. Le cardinal-légat Gaprara entra dans cette idée avec chaleur, au point de s'attirer pour les excès de son zèle les sévères réprimandes du saint-siége. M. Porlalis mit toute sorte d'empressement à rédiger le prospectus {sic) de la fête. Dans une lettre qu'il adressa aux évèques et qui portait au bis cette annotation : (pour vous seul), il n'oublia point d'avertir l'épiscopal entier que le gouvernement souhaitait avant tout qu'on évitât de rappeler ce qu'il nommait, lai aussi, t des souvenii's inu-

1. Noie pour le niiiii?tro dos cultes. — Correspondance de Nnpoléon l'f, Paris. 12 février 1806.

liles » . « Les cérémonies marquées dans le prospectus devaient, disait-il, tout remplacer. »

La plupart des évêques ne laissèrent point échapper une si belle occasion de faire montre de leur dévotion enthousiaste pour saint Napoléon. De tous les diocèses de France arrivèrent au ministre des cultes les prières les plus instantes afin d'être autorisés à dédier des chapelles au bienheureux qui avait eu la bonne fortune de donner son nom au chef de l'État. A Nancy, M. d'Osmond, qui était un grand seigneur de l'ancien régime autrefois émigré en Angleterre avec les princes de Bourbon, se hâta d'inviter tous les hommes et tous les jeunes gens de toutes les paroisses de son diocèse à former le plus tôt possible de pieuses associations sous le nom de ce grand saint. « A l'audition du nom magique de Napoléon, dit le pieux biographe de M. d'Osmond, les idées s'élevaient, les cœurs s'échauffaient, les masses se mettaient en mouvement et s'agitaient pour la gloire et pour le salut de la patrie ' . « L'évèque ne se sentait pas d'aise du succès de son heureuse invention. 11 se rencontra cependant une légère difficulté : il fallait dans l'oftice du jour faire tout au moins une mention quelconque de ce bienheureux qui avait l'honneur de recruter tout à coup de si fervents adeptes.

1. Vie l'jiiscdpole 'le Mijr d'Osmoul. par l'abbé Guillaume; Nancy, 18li2.

Or, personne n'en avait jamais ouï parler en Lorraine. « Nous nous occupons à rechercher la légende de ce saint, t^crit M. dOsraond, ou du moins un abrégé de sa vie. Vous le dirai-je? à la honte de toutes les bibliothèques de la ville de Nancy, vainement nous avons feuilleté tous les volumes qui pouvaient nous en instruire. Les bollandistes sont muets sur son compte, et le martyrologe romain luimême n'en faitpas mention, » M. d'Osmond, un peu mortifié, s'adressait donc à Paris à M. Portails *. A Paris, même embarras. Le ministre des cultes lui-même n'en savait pas davantage. Il ftillut avoir recours au cardinal-légat, qui de son côté s'adressa au saint-siége. Grâce aux etforts de l'infatigable représent-int du souverain pontife, on vit enfin paraître, à la suite du décret instituant la fêle de l'empereur au 15 août, la légende du saint désormais si cher, mais la veille encore si profondément inconnu à tout l'épiscopat français. Ce document, tiré des martyrologes et des anciens écrivains, apprit à la France entière, qui l'avait jusqu'alors complètement ignoré, que, « sous les empereurs Dioclélien et Maximien, pendant la persécution cruelle qu'ils décrétèrent contre les disciples de Jésus-Christ, un nombre considérable de courageux confesseurs avaient souflert le martyre dans la ville d'Alexan-

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