Lettre à M. Portalis 25 avril
23i L'ÉGLISE ROMAINE ET LE PREMIER EMPIRE
dric en Egypte. Parmi eux, on renconirail un Neopolis ou Neopolas, nom grec qui, d'après la manière de prononcer introduite en Italie au moyen âge, se serait transforme peu à peu en Napoleo, puis à l'italienne Napoleone *. » Après avoir enrichi le calendrier d'un saint de plus, il ne restait plus à l'empereur qu'à se faire professeur en droit canon, à décréter pour son compte et de son autorité privée des dogmes nouveaux, à prescrire enfin ce qu'en matière de foi les fidèles étaient tenus de croire sous peine de damnation éternelle. Il n'y manqua point. Madame de Staël a parlé avec une juste indignation dans ses Considératiom sur la révolution française d'un certain chapitre du catéchisme impérial enseigné jusqu'à la chute de Napoléon d ms tous les diocèses de France. Ce qu'elle ne savait point, ce que nous sommes en mesure d'étabhr, c'est que ce chapitre, qui a trait aux devoirs des sujets envers le souverain, a été rédigé par l'empereur lui-même en collaboration avec le cardinal-légat Caprara, malgré l'invitation formelle et plusieurs fois réitérée que celui-ci avait reçue de Rome de ne se prêter jamais à rien de semblable: Cet épisode, l'un des plus singuliers parmi ceux qui ont marqué les rapports de l'empereur Napoléon l" avec l'Église romaine, est si peu connu, qu'il nous faut nécessairement entrer à ce
1. Collection des mandements de Nancij-Toid, 1802 à 1812, 3 juin 180t). Extrait de l'ouvrage de l'abbé Guillaume.
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sujet dans le détail même des faits. Avant de les raconter, <jt pour mieux montrer ce qu'il y a de vraiment extraordinaire à voir le chef de l'empire français usurper ainsi sur l 'S fonctions les plus sacnies de l'épiscopat, il nous faut, par une dernière citation, constater quelle était à ce moment, c'est-à-dire au commencement de 1806, sa façon de >'exprimer au sujet de la religion et des prêtres. C'est à sa <œur la princesse Élisa que sont adressés les épanchements (le famille de cet étrange catéchiste. « Ma sœur, lui écrit-il le 17 mai 1806, n'exigez aucun serment des prêtres. Gela n'aboutit h rien qu'à f;iire naître des difficultés. Allez votre train et supprimez les couvents. » Le 24 mai, il reprenait : « Le bref du pape n'est rien t^ini qu'il restera secret dans vos mains. Ne perdez pas un moment, une heure, pour réunir tous les biens des couvents au domaine... Ne vous mêlez dans aucun dogme. Emparez-vous des biens des moines, c'est là le principal, et laissez courir le reste '... »
I. Lettre île l'empereur à la princesse Elisa, du 17 et du H mai lSOt>. ~ Correspondance de l'empereur Napoléon le"", t. XII, p.3"S