Vie du cardinal d'Astros, parle R. P. Caussotte, p
ignoré, ce dont ni M. Portails, ni l'abbé d'Astros, dI les iiembres de la commission chargés de confectionner le nouveau catéchisme ne furent alors informés, et ce que le public de nos jours sera, je crois, étrangement surpris l'apprendre, c'est que, loin d'être en rien autorisé par sa cour à favoriser la création d'un nouveau catéchisme, le l'eprésentant du saint-siége à Paris avait reçu de Pie VU les ordres les plus formels pour agir dans un sens dianiéiralement opposé. La correspondance du cardinal Consah i avec le cardinal Caprara ne permet à ce sujet aucun doute. Elle établit de la façon la plus authentique qu'en cette oc-
tsion comme en tant d'autres le légat, animé peut-être des meilleures intentions, non-seulement ne se conforma point à ses instructions, mais qu'il prit résolument, lui '.ordinaire si timide, le contre-pied delà ligne de c«n-
iuite qui lui avait été soigneusement tracée. Il y a plus : ilin de n'être pas gêné par de nouvelles et plus impératives injonctions qui pouvaient lui arriver de Rome, il laissa le saint-père dans la plus complète ignorance de ce qui se passait à Paris : il ne se fît aucun scrupule de garder un absolu silence sur cette longue élaboration du catéchisme impérial qui se faisait sous ses yeux, de son consentement et avec sa pleine connivence. Voici exactement ce qui se passa entre la cour de Rome et son représenl int à Paris.
A une époque qui doit remonler aux temps assez courts écoulés entre le consulat à vie et l'élévation de l'empereur au trône, le cardinal Caprara avait envoyé en communication à Rome un projet de catéchisme qui devait être, dans la pensée du gouvernement impérial, destiné à l'instruction religieuse des jeunes enfants en France. Il recommandait le plus grand secret au cardinal Consalvi, et sollicitait l'avis du saint-père sur ce travail, qui n'était autre probablement que celui dont nous avons déjà parlé, et qui était dû à l'un des théologiens de la légation romaine. Ainsi qu'il lui arrive fréquemment, la cour de Rome tarda longtemps à répondre. Peut-être ce retard était-il simplement imput;ible aux habitudes lentes et minutieuses des congrégations ecclésiastiques qui sont officiellement chargées d'examiner les affaires de cette nature. Peut-être y entrait-il un peu de calcul et, de la part du Vatican, le secret désir de n'avoir pas à se prononcer sur des questions passablement épineuses, ou bien encore, si l'on s'en rapporte au secrétaire d'État de Sa Sainteté, peut-être fallait-il expliquer simplement ces délais prolongés par l'étude approfondie que méritait un objet de cette importance ^ Toujours est-il qu'au 18 août 1803 Caprara fut obligé d'insister de nouveau pour qu'on lui
1. Lp ranliiial Consalvi au cardinal Capram, 1S se^jlmliro ISO.'i.
renvoyât de Rome le plus tôl possible le catéchisme qu'il
ivait précédemment communiqué. Dans sa dépêche, le légat témoignait ne pas bien savoir « si l'on peut donner à I haque évèque la faculté de se servir du catéchisme que i hacun croira préférable, ou si le gouvernement français a le droit d'en déterminer un qui soit le même pour toute rétendue de l'empire'. » La question ainsi posée éunt assez embarrassante à résoudre pour le Vatican, toujours si désireux de voir établir partout l'unité et si naturellement porté à favoriser toutes les mesures qui y tendent. Avec sa finesse ordinaire, Consaivi soupçonna, à tort ou à raison, que cette démarche en apparence si simple et qui paraissait même dictée par un esprit de déférence i'ouvîiit cacher un piège tendu h la bonne foi du saint-
iége. S'il n'en accusait point le légat lui-même, sii raé- .:ance était irès-éveillée à l'égard de l'empereur, et rien ne le détournait de penser que la question posée sous forme de doute par le cardinal Caprara lui avait peut-être
té suggérée par le souverain profondément habile dont Caprara servait alors aveuglément tous les desseins. La réponse du secrétaire d'État, péremptoire quant au fond, lut donc remplie dans la forme de la plus grande réserve
t empreinte d'une extrême circonspection.