‹ L'Église romaine et le premier Empire 1800-1814; avec notes, correspondances diplomatiques et pièces justificatives entièrement inédits (volume 4)Chapitre 70 sur 83 · II · texte numérisé non relu

II

lettre de l'empereur, el que devait présenter M. Alquier, il était dit que i'jirrivée du général Miollis avait pour but de protéger les derrières de l'armée de Naples; que, chemin faisant, il se rendait k Rome pour prêter main-forie aux mesures que l'empereur avait résolu de prendre pour purger cette ville des brigands auxquels elle avait donné asile, et, par la même occasion, de tous les ennemis de la France...) Le sieur Alquier s'opposera à toute circulation d'imprimés ou actes quelconques contraires à la France que le gouvernement romain voudrait publier ; il en rendra responsables la police et les libraires de Rome... Vous mettrez en chiffres daus votre dépèche au sieur Alquier le paragraphe suivant : Lintention de V empereur est d'accoutumer par cette note et par ces démarches le peuple de Rome et les troupes françaises à vivre ensemble, afin que, si la cour de Rome continue à se montrer aussi insetisée qu'elle l'est, elle ait cessé insensiblement d'exister cotnme puissance temporelle sans quon s'en soit aperçu... Il est convenable, du reste, si tout se passe tranquillement, que le sjeur Alquier donne une fêle aux officiers français, à laquelle il invitera les principales dames de Rome... Il aura soin que les gazettes parlent sans os tentation de l'entrée des Français et dans le sens de la note. La note aussi peut y être insérée, s'il le juge convenable. Le gouvernement romain peut aussi faire une proclamation au peuple pour

lui annoncer que le château Saint-Ange est occupé par des troupes françaises dans le but de protéger les derrières de V armée de Naples ; mais il vaudra encore mieux ne rien écrire, si cela est possible. Toutefois, en désirant éviter l'éclat et laisser les choses en statu que, je suis décidé à en faire beaucoup à la première bulle ou publication que le pape se permettrait, car il y aura immédiatement un décret qui cassera la donation de Charlemagne et réunira les États de l'Église au royaume d'Italie, en fournissant la preuve des maux que la souveraineté de Rome a faits à la religion, et faisant sentir le contraste de Jésus-Christ mourant sur une croix avec son successeur qui se fait roi *... » Toutes ces précautions prises, l'imagination de l'empereur n'était pas encore tout à fait tranquille du côté de Rome. L'excellence de ses combinaisons militaires lui inspirait toute confiance. Des hésitations sur son droit, de la compassion pour le saint-père, il n'en éprouvait point; mais, si les scrupules qu'il n'avait point allaient venir soit au général Miollis, soit plus probablement à M, Alquier, qu'adviendrait-il?... Cela le troublait beaucoup. « Quand je vous ai dit, écrit-il au prince Eugène, que le général Miollis devrait s'entendre avec M. Alquier, il faut s'entendre là-dessus ; ce n'est pas sur les mesures militaires.

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