‹ L'Église romaine et le premier Empire 1800-1814; avec notes, correspondances diplomatiques et pièces justificatives entièrement inédits (volume 4)Chapitre 77 sur 83 · M. DE TALLEYRAND, MINISTRE DES RELATIONS EXTÉRIEURES, A M. ALQUIER · texte numérisé non relu

M. DE TALLEYRAND, MINISTRE DES RELATIONS EXTÉRIEURES, A M. ALQUIER

2'i juin HOOG.

Le pape, comme prince temporel, fait partie de l'Empire. 11 conservera l'intégrité de ses Étals, tant que sa conduite sera conforme aux principes généraux qui lient toutes les partirs de l'Empire. Toutes les fois qu'il se conduira différemment, Sa Majesté ne pourra s'cmpêclier de réprimer des écarts qui compromettraient la sécurité.des communications entre la liauto et la basse Italie. C'est à la cour de Rome h juger s'il lui convient, après avoir perdu, en l'au v, les trois Légations par la conduite et les fureurs du cardinal Busca, de perdre aujourd'hui le duché d'Urbin, la marche d'Ancône, toutes les côtes, par la conduite du cardinal Consalvi. Ces pays, une fois perdus, le seraient sans retour. Toutes les foudres de Rome, toutes les lettres écrites dans le style de Boniface VIIl à Philippe le Bel, sciaient sans effet. Ce sont des armes dont l'opinion fait la force-, mais qui n'ont plus le mémo appui et que le temps et les lumières ont discréditées.

Quant aux affaires spirituelles, il est inutile que le sainlsiége fasse tant tl't^clat... La religion n'est pas intéressée à ces débats, et, si l'on ne peut be sauver par le concordat d'Italie, on le peut par le concordai français. Cependant, comme tout cela n'entre pas dans les mesures de Sa Majesté, traitez cette question avec douceur. Le principal est l'aff-iire du temporel. Sa Majesté écoulera volontiers les conseils du pape sur les affaires spirituelles, si celui-ci écoule les conseils de Sa Majesté sur les affaires temporelles qu'elle entend mieux que lui...

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