Mémoires du comto Miol de Moliln, I. I^f. p. tJ.W
PREMIERS DÉMftLÉS ENTRE PIE VII ET NAPOLÉON 25
plus alors de frein, et, la faiblesse de Louis ne lui laissant aucun moyen de résistance, il sérail exposé à n'avoir entrepris de si grands travaux et supporté tant de fatigues que pour appeler au trône peut-être un homme d'un autre nom que le sien'. » Mais vouloir continuer à jouir des avantages du rang de prince et rester cependant en opposition avec le système du gouvernement, ce serait de la part de Joseph se déclarer 3on ennemi, et cela, l'empereur ne le souffrirait pas. « Où sont vos moyens d'attaque? disait un peu cruellement Napoléon à son frère ? oh est l'armée que vous avez à faire marcher contre moi?... Avec quel secours, avec quelles forces me disputei'czvous l'empire? Tout vous manque, et je vous anéantirai, car enfin vous serez obligé de paraître aux Tuileries ; je vous dirai : « Bonjour, prince Égalité, » et ce mot vous tuera... » Le parti le plus simple et le plus convenable auquel Joseph dut s'arrêter était donc de prendre son rang naturel dans la monarchie héréditaire. « C'est un assez beau rôle à jouer, ajoutait l'empereur avec fierté, que d'être le second homme de France et peut-être de l'Europe. Tout se justifie alors par l'importance du résultat, et ce résultai, vous ne le connaissez pas encore tout entier. Je suis appelé à changer la face du monde, je le crois du moins.