Mémoires du cnmt'> Miot de Melitn. t. l^r, p
Quelques idées de fatalité se mêlent peut-être à cette pensée; mais je ne la repousse pas, et cette confiance môme me donne les moyens de réussir*. »
Joseph avait un instant paru céder aux conseils de l'empereur, mais pour reprendre bientôt sa première prétention, celle d'être reconnu pour l'héritier direct au trône de France. Un instant Napoléon avait cru trouver moyen de désintéresser l'ambition de son frère en lui offrant la couronne de Lombardie. Son principal motif était le désir qu'il avait d'écarter Joseph de la ligne de succession et d'y appeler la branche de Louis et par conséquent le fils de ce dernier, dessein qu'il avait, comme nous l'avons déjà expliqué, formé depuis longtemps et qu'il n'abandonna qu'à la mort de cet enfant. Cet acte de renonciation qu'on exigeait de lui faisait à Joseph l'elfet d'une sorte de lâcheté personnelle, et, malgré le conseil de son entourage, il n'y voulut jamais prêter les mains.
Napoléon avait alors imaginé de donner la couronne d'Itahe au fils aîné du prince Louis, en chargeant son père de gouverner le pays jusqu'à ce que l'enfant, qui resterait à Paris, eût atteint sa majorité. Le prince Louis rejeta de très-haut cette proposition. « Tant que j'existerai, dit-il à l'empereur, je ne consentirai jamais à l'adoption démon