‹ L'Église romaine et le premier empire, 1800-1814; avec notes, correspondances diplomatiques et pièces justificatives entièrement inédites (volume 5)Chapitre 32 sur 81 · III. u · texte numérisé non relu

III. u

d»IO L'ÉGLISE ROIAINE ET LE PREMIER EMPIRE

oer. En {areille occurreiice , quand ii s'agissait de têtes oouronnées et qo*on n*avait à faire valoir qne la raison d*État, le recours natarel était au pape. L'empereur luimême Tavait iHen senti qnan j, à propos du mariage contracté par son frère Jérôme, il s'était d*abord adressé à Pie VII. Les traitements dont il avait usé envers le saintpè.^ et la captivité du souverain pontife à Savone lui fernnient cette voie si clairement indiquée. Toutes les autres étaient incertaines et peut-être dangereuses. Napoléon imputa les obsenations de son oncle à sa partialité maintenant avérée pour le saint-siége, et, comme il lui arrivait d*ordinaire dans les cas qui requéraient beaucoup de savoir-faire , il chargea son habile archichancelier de découvrir, en gardant toutes les mesures possibles , les moyens de le tirer d'embarras. C'est à quoi excellait toujours Cambacérès, qui, bien qu'il eût conseillé un autre mariage, prit volontiers en main la direction de celle procédure.

A vrai dire, il avait été de tout temps admiç dans les pgys oatholiques que les causes matrimoniales entre souverains appartenaient exclusivement aux papes, qui tantôt 'avaient prononcé par eux-mêmes à Rome même, et tantôt avaient constitué leurs légats juges immédiats et présidents des conciles chargés d'instruire hors de Rome ces importantes affaires. Ce droit avait été non-seulement re-

SENTENCE DE LOFFÏCIALITÉ âU

connu par TÉglise de France, mais en fait pratiqué dans /es derniers siècles par plusieurs des chefs de la monarchie capétienne. Louis XII avait fait dissoudre son ma-, nage avec Jeanne de France par Alexandre VI (Borgia). Henri IV s'était adressé à Clément VIII ( Aldobrandini ) pour se séparer de Marguerite de Valois. Il est vrai que, pour affaiblir l'autorité de ces exemples, M. Bigot de Préavneneu avait pris soin d'établir dans un long mémoire que ces deux princes n'avaient eu recours au saint-siége que par ce motif qu'ils le savaient à l'avance favorablement disposé. Clément VIII ayant conçu Fespérance qu'Henri IV épouserait une de ses parentes, et Alexandre VI ayant obtenu de Louis XII de considérables avantages pour son fils César Borgia; mais le 'ministre de Napoléon faisait à tout le moins une chose singulière lorsque, sautant par-dessus ces antécédents relativement de fraîche date, il essayait de prouver par force citations historiques que Louis VII, Louis VI et Charlemagne (celui-là, du moins, était un exemple à citer à propos de l'empereur) s'étaient parfaitement passés de l'autorisation du saintpère * .

Gambacérès était plus dans la vérité des choses, quand il se bornait à établir que, suivant la théorie du droit mo-

Page 1