Mémoire* du cardinal Comalvi, t. II, p
PRÉLlUmAIRES DU MARlAf.R â5r>
les affaires de Rome et les dommages que Pie vn s'était causés à lui-même en refusant d'entrer dans son système. Après beaucoup d'allées et de venues, se trouvant à la fin de son discours en face du car(|inal Gonsalvi, Napoléon s'arrêta derechef devant lui, puis répéta une seconde fois : « Non , si vous étiez resté à votre poste , les choses ne seraient.pas allées aussi loin. » A cette nouvelle assertion, Gonsalvi, toujours animé du même sentiment, répondit encore : « Que Votre Majesté croie que j'aurais fait mon devœr ! » Un regard plus sévère que le premier lui fdl jeté par Tempereur, qui sans lui répondre recommença ses allées et venues, répétant toujours les mêmes plaintes sur la conduite du saint-siége, lequel ne possédait plus aucun de ces grands hommes qui l'avaient jadis tant illustré ; puis, s'adressant au cardinal di Pietro, placé à Fautfe extrémité du cercle, et toujours sur le même ton. Napoléon dit une troisième fois : « Si le cardinal Gonsalvi fût resté secrétaire V'Ëtat, les choses ne seraient pad allées si Imn. »
Déjà l'ancien ministre de Pie VII avait à deux reprises contredit les assertions du tout-puissant souverain. Peut^ être pouvait-il maintenant garder le silence. A cette répétition des mêmes paroles, un zèle excessif de son honneur lui fit, dit-il en ses Mémoires, outre-passer toutes les bornes, a Napoléon était assez éloigné de moi ; je sortis de
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ma place, puis, m'avancant Jusqu'auprès de lui, à l'autre extrémité du cercle, et le saisissant par le bras, je m'écriai : c Sire, j'ai déjà affirmé à Votre Majesté que, si j'étais resté > à mon poste, j'aurais assurément Mi mon devoir. » A ce coup, les cardinaux durent être fort étonnés de l'audace de leur collègue ; nous doutons même très-fort que, dans tonte la cour impériale présente à celte entrevue, il y ait eu beaucoup de personnes capables de se compromettre à ce point. Napoléon parut surpris autant qu'offensé, c Oui, monsieur, s'écria-t-il , je le répète, votre devoir ne vous aurait pas permis de sacrifier le spirituel au temporel. » Et, cela dit, il tourna définitivement le dos au cardinal Consalvi ^
Cette scène, dont le retentissement fut considérable et qui défraya toutes les conversations de la soirée, n'était point faite pour rendre facile la position de Consalvi Elle fut encore empirée par la tentative que fit alors Napoléon pour tâcher de tirer des cardinaux qu'il a\«dt fiiit venir en France une déclaration quelconque qui pût lui servir dans sa querelle pendante avec le saint-père. Il avait trouvé les cardinaux italiens arrivés les premiers à Paris de^ si commode composition, qu'il n'avait pas désespéré de se servir d'eux pour élever une sorte de contre-autel (contro altoiv