Mémoires du cardinal Comalvif t. II, p
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qu'il aurait pu opposer au souverain pontife. Ce but caché du chef de l'empire français avait été deviné par les membres du sacré collège. Ils ne voulaient pas s'y prêter ; ils craignaient encore plus de s'y opposer trop ouvertement. Consalvi rendu auprès d'eux, ils avaient rejeté sur lui, comme sur le plus capable, le soin de donner suite à cette embarrassante ouverture et de libeller une réponse écrite qu'ils savaient bien devoir paraître malsonnante aux* oreilles de Tempereur. L'ancien secrétaire d'État s'en était chargé, de peur que, cette affaire venant à tomber dans des mains moins fermes que les siennes, les intérêts du saint-siége et Thonneur même du pape ne s'y trouvassent déplorablement compromis.
La lettre convenue entre les cardinaux, rédigée par Consalvi et remise à Napoléon par l'intermédiaire de son oncle le cardinal Fesch, portait en substance que les cardinaux, séparés de leur chef, ne pouvaient et ne devaient tracer aucun plan, ni rédiger aucune proposition, notamment dans des questions sur lesquelles le saint-père avait prononcé un jugement définitif. Il ne restait donc plus aux cardinaux autre chose à faire que d'unir leurs vœux à ceux de Sa Sainteté et de prier Sa Majesté de les exau cer ^ Ce n'était point sans peine que Consalvi avait amené