‹ L'Église romaine et le premier empire, 1800-1814; avec notes, correspondances diplomatiques et pièces justificatives entièrement inédites (volume 5)Chapitre 47 sur 81 · Lettre de Fouché an ministre des cultes, 5 avril · texte numérisé non relu

Lettre de Fouché an ministre des cultes, 5 avril

»0 L'ÉGLISE ROMAINfi ET LE PREMIER EMPIRE

naox devant une coaunission spéciale aTait pam un peu forte à Fouché lui-même. L*enipereur, se ravisant alors, dicta à M. le duc de Bassano une note ainsi conçue :

c Le ministre des cultes enverra chercher et réunira ensemble dans son hôtel les treize cardinaux qui, sans empêchement résultant de cause de santé, ne se s(mt pas rendus k la cérémcmie du mariage religieux. Le ministre leur dira... que sans le pape ils ne sont rien, et que, dans le cas où ils auraient une juridictioa, la minorité aurait dû obéir à la majorité; que Sa Majesté a vu dans leur conduite le même esprit de rébellion qu'ils ont manifesté depuis dix ans , et qui a obligé Sa Majissté à s'emparer de Rome, et qui les a induits à porter le pape à fulminer contre lui une excommunication qui est la risée des contemporains et ne le sera pas moins de la postérité. Sa Uajesté avait méprisé leurs démarches et les avait in- ' terprétées dans uii esprit de charité, voulant ainsi se dis^muler leurs mauvaises intentions; mais ils ont présente* ment comblé la mesure par les discours tenus d^ns leurs conciliabules... Il était donc temps qu'ils se souvins*' sent que Sa Majesté tenait le gkdve de la loi pour frap* perles mauvais prêtres et les traîtres à l'État. En général, poursuivait la note, il faut laisser entrevoir dans le discours que, si on leur fetit leur procès , comme ou ne connatt pas de juridiction ecclésiastique en France , il n'y a lieiî

(^RÉMONIE OU VARIi^GE 271

qm enpéeke qii*il&soi«ntcoiida»iDés... Itoëonreot apm*cevoir asssi que c'est parée qu'on les considère déjincoaiim eendsHfiMiés qu'on ne veut plus qu'ils portent les distinctions ecclésiastiques ni le costume des cardiiia»x > . »

« Les ordres que Votre Majesté a donnés mercredi ont élé poDCtoellement exécutés» répond aus«t6i le comte Bigot de Préameneu. Les treize cardinaux ont été réunis <^ez moi dans la même journée. Je leur ai parié arec teule l'énergie dont je sois capable, et ils sont festés dans un état de confusion et de stupeur*, v Ce que fe comte Bigot de Préameneu ne dit pas, c'est que Fouché avait assisté à Tentrevue , et qu'il avait paru , amssi bien que Ini-méme , assez touché de la réponse des cardinaux. Les treize cardinaux avaient en éfTet doucement représente que, s'ils avment tenu la condMte qui leur était reprochée, c'était par devoir et non à coup sûr pour leur plaisir; qu'ife ne s'étaient point cachés de leur intention, puisqu'ils l'avaient annoncée au cardinal Feseh, à l'oncle même de l'empereur, comme étai^ leur collègue , et pour doon^, en se servant de son intermédiaire , le moins de publicité possible à la chose ; que c'était en vérité une ma«-

1. Note en date du 5 avril .1810, écrite tout entière de la main du dac de Bassano. Cette note n'est pas insérée dans la CorreS' pondanee de Napoléon /«'.

2. Lettre du comte Bigot de Préameneu à l'empereur, 6 avril 1610.

nière toute nouvelle de conspirer que d'avertir celui contre lequel le complot était dirigé. Consaivi n'oublia pas de rappeler qu'il avait proposé un me%%o termine qui , s'il avait été adopté, aurait évité tout esclandre. L'accusation flétrissante de rébellion qu'on voulait faire tomber sur leur tête était donc aussi mal fondée qu'injurieuse à leur caractère et à leur dignité : c'était là surtout ce qu'ils priaient le ministre des cultes de faire connaître à Sa Majesté*, car c'était la seule chose qui leur tînt au coeur, étant préparés à tout le reste *.

L'idée d'une lettre à écrire à Sa Majesté fut alors mise sur le tapis par les deuK ministres, évidemment très-contrariés de la mission qu'ils avaient à remplir, et qui redoutaient ouvertement un éclat, « non pas seulement, disaient-ils, par intérêt pour les cardinaux, mais aussi pour le bien de l'Empire, ne sachant pas trop comment tout cela allait finir » ^. On se mit à discuter devant eux les termes de la lettre ; mais, parmi les cardinaux , tous également épouvantés, il y en avait plusieurs qui, n'entendant pas le français et ne comprenant pas bien ce qu'on exigeait d'eux , se laissaient aller à prononcer des paroles as sez maladroites parce qu'elles étaient ou trop humbles ou

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