‹ L'Église romaine et le premier empire, 1800-1814; avec notes, correspondances diplomatiques et pièces justificatives entièrement inédites (volume 5)Chapitre 54 sur 81 · CHAPITRE XL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XL

L'enseignement des quatre propositions de TÉglise gallicane soulève beaucoup d'objections au sein du clergé italien. — La suppression d'un certain nombre de sièges épiscopaux envenime la situation. — L'empereur veut réduire à quatre le nombre des évêques des Étattf romains. — Langage qu'il tient publiquement aux prêtres de la Hollande et de la Belgique. — U fait arrêter et conduire en France par de's gendarmes les évêques, les chanoines et les curés italiens qui refusent

^ le serment. — Les assertions des Mémoires de Napoléon, relativement au nombre des ecclésiastiques arrêtés pendant ' l'Empire, démenties par sa propre correspondance.

Ce ne fut point de propos délibéré, par smte d'un système préconçu, que l-empereur s-empara du gouverncrment des affaires reUgieuses dans les anciens États pontificaux. Il y fut graduellement conduit par son goût naturel de domination , aussi bien que par les nécessités de la situation qu'il avait créée de ses mains sur les bords du Tibre. Le pape une fois enlevé de Rome, les autorités françaises , succédant à un régime où les dépositaires un peu élevés de la puissance temporelle étaient tous ecclésiastiques, avaient été obligées de se prononcer souverainement presque chaque jour sur une foule de matières

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d'un caractère mixte, quand elles n'étaient pas , comme il n'arrivait que trop souvent, exclusivement spirituelles. Dans les cas embarrassants» le général Miollis, s'il n'avait pas reçu d'avance les ordres directs de son maître, ne manquait pas de les solliciter par écrit Napoléon se trouvait donc hériter ainsi forcément des récents embarras du malheureux Pie VU. Sur lui retombaient maintenant les ennuis et les charges qui, à Rome, résultaient de la confusion traditionnelle des deux pouvoirs. Les premières mesures émanées de Tinitiative impériale, quoique inspirées par une façon toute moderne et plutôt philosophique d*envisagcr les choses de la religion, n*avaient pas d'ailleurs en elles-mêmes une grande gravité. L'empereur, à peine en possession des États romains, avait été frappé de eequ'tt y aurait d'étrange h ce que le gouvernement dont i) était ie chef continuât à recevoir comme parle passé certaines redevances qui, sous le régime antérieur, venaient tout naturellement grossir le trésor pontifical. « A quelque prix que ce soit, je ne veux pas, ëcrhrait-il le id août 1809 à M. Bigot de Préameneu, qu'on paye rien à Rome pour l'expédition de bulles, dispenses, etc.. C*est une profanation des choses sacrées * . » Cette décision,

1 . Lettre de Tempereor à M. le comte Bigot de Préamenea, Schœnbrunn, 13 août 1809. — Correspondance de Napoléon /«r, t. XiX, p. 338.

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raisonnable en eUe-même, n'avait rien qui excédai les drmts da pouvoir dvil. En tout cas, elle ne faisait de tort qa'à ses propres finances. H n*en était peat<ètre pas tout à fait ainsi d'one autre résolution prise par Tempereur le 18 janvier 18i0. n lui répugnait beaucoup de voir célébrer en Italie la fi^ de Grégoire VII et de laisser figurer, de l'autre c6té des monts, au calendrier des saints, un pon* tife qu'à Paris, dans ses harangues officielles^ il ne cessait d'anathématiser à tout propos. Cette contradiction ne de** vait plus subsister, c Le ministre des cultes a-t-il fait une diculaire aux évèqaes, écrit^il le lo janvier, pour leur ordonner de supprimer ki {Nnèrede Grégoire VU et de substituer une autre fôte à celle de ce saint que FÉglise gallicane ne peut reconnaître * ? » Supprimer par décret des prières, abolir par simple circulaire la fête des saints qui lui dé|Msaient, c'était là , s'il exk fut, besogne de ponUfë. Cependant, Il y avait tant de fêtes religieuses à Rome et si grande abondance de saints de l'autre côté des Alpes, que les Italiens ne songèrent pas à se plaindre beaucoup de ce qu'on ne leur permettait plus de se placer sous la protection particulière de Grégoire VU. Il ne parait pas non plus que les e^x^lésiastiques romains, si respectée et

1. Note dictée par Tempereor au conseil des ministres, le 18 jan> yier 1810. — Cette note n'est pas insérée dans la Correspondance de Napoléon I»^

si populaire que fût restée parmi eux sa mémoire , aient trouvé trop mauvais qu'on leur interdît de célébrer désormais en chaire les mérites d'un pape dont les exemples étaient, dans les circonstances présentes, devenus tellement hors de saison. Une certaine émotion accueillit au contraire à Rome et dans toute l'Italie le décret ^u 25 février 1810, qui établissait comme loi générale de l'empire Tédit de Louis XIV et la déclaration de 1682 du clergé français * . Jamais, on le sait, les quatre propositions auxquelles est attaché le nom de Bossuet n'avaient été admises par lesaintsiége. S11 ne les avait pas dogmatiquement condamnées, il les avait toujours combattues de toutes ses forces. [^ cx)ntroverse engagée à ce sujet depuis plus d'un siècle avait partagé en deux camps presque hostiles l'Église romaine et l'Église gallicane. De l'un et de l'autre côté, l'animation avait été extrême, et, comme c'est le propre de tous les débats, particulièrement des discussions religieuses, nonseulement de confirmer chacun dans son opinion, mais de grossir démesurément l'importance des points en litige, peu s'en fallait qu'aux yeux des exagérés de l'école ultramontaine la déclaration de 1682 ne passât pour suspecte d'hérésie. Pour lesévêques etle^théologiens des Étals pontificaux, quel trouble de conscience d'être tout à coup

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