‹ L'Église romaine et le premier empire 1800-1814; avec notes, correspondances diplomatiques et pièces justificatives entièrement inéditesChapitre 102 sur 111 · LU · texte numérisé non relu

LU

LE CARDINAL CAPRARA AU CARDINAL GONSALVI

Paris, le 27 juin 1802.

Votre Ëminence, toutes les fois qu'elle reçoit de mes lettres, doit se dire mentalement, je le crois, le légat de Paris est un messager de tristes nouvelles. Si Votre Ëminence s'exprime ainsi, -j'avoue qu'elle a tout motif de la faire; mais comment m'y prendre différemment ? Dieu seul sait à quel point je voudrais épargner les afflictions à Sa Sainteté, et les déboires à Votre Ëminence, car ces ennuis épargnés je jouirais de mon côté de la tranquillité que mon esprit ne peut trouver jusqu'à présent.

PIÈCES JUSTinCATIVES 531

En lisant mes lettres de ce jour, Votre Éminenco verra la situation pénible, difficile, pleine d'amertume dans laquelle je me suis trouvé récemment ; mais elle verra en même temps, mieux que nul autre^ qu'il n'y avait moyen de sortir d'embarras que de la manière qui m'a été dictée par les circonstances les plus impérieuses. Il était mal et dangereux de se décider sur ce dont il s'agissait; ne pas se décider était pis, et d'ailleurs on voulait une réponse décisive. Si j'encours la disgrâce dé ne pas obtenir, par les résolutions que j*ai prises, l'approbation pontiûcale et celle de Votre Éminence, du moins pourrai-je trouver la force de supporter cette peine dans la pensée que j'ai ainsi épargné à Sa Sainteté la difficulté de donner elle-même la solution qu'on réclamait.

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