Mémoires de Consaivi ^ t. II, p
d'argent, sa délicatesse allait jusqu'à Tombrage : c'était le seul exCës qu'il se passât. Désigné par le cardinal d'York pour être son exécuteur fiduciaire, Consalvi ne consentit à recevoir de lui cett^î preuve de confiance qu'après avoir fait effacer du testament les clauses qui lui étaient profitables. On le vit toujours refuser obstinément les petits cadeaux et les menus bénéfices qui sont, en Italie, l'apanage accoutumé des gens en place.
Cet homme, si près regardant pour lui-même, était d'ailleurs à l'égard des autres de la plus facile humeur. Doux, accueillant et ^e bonne grâce, recherché dans le commerce de la vie, il était bien loin d'afficher aucune sauvage austérité. Les honnêtes distractions n'avaient rien qui l'effrayât. Les arts parlaient fortement à son imagination ; mais parmi les plaisirs permis à son état, la conversation des femmes aimables lui sembla toujours particulièrenâent attrayante. A Rome, rien de moins extraordinaire pour un prélat. Pourquoi s'en serait-il caché? Le -désir de ne point déplaire à celles qui étaient l'élite de leur sexe occupa sa jeunesse ; leur gracieux souvenir charma encore son âge mûr, et plusieurs sont nommées par lui dans ses mémoires. C'est sans aucun embarras qu'il y parle de sa tendre affection pour