CHAPITRE VIII
Audience de congé do cardinal Cîonsalvi. — Il reçoit an moment de son départ l'invitation de se rendre aux Tuileries. — Exigence inattendue du premier consul au sujet des évèques constitutionnels. — Résistance du cardinal et mécontentement de Napoléon. — Visite de l'abbé Bernier au cardinal Gonsalvi lorsque celui-ci est déjà tout prêt à monter en Toiture. — Bonaparte yeut qu'il rédige d'avance la bulle qui accompagnera la publication du concordat. — Retour de Gonsalvi à Rome et approbation donnée au concordat par le pape et par le sacré-collége. — Le premier consul diffère la publication du concordat et demande l'envoi à Paris d*on légat à latere.
Le concordat avait été signé chez Joseph Bonaparte dans la nuit du 16 au 17 juillet 1801.. Ainsi que nous Pavons déjà ~ raconté , le premier consul avait été ou fait semblant d*être très-mécontent de la conduite de son frère. Il avait commencé par déchirer en mille pièces la minute même du traité. 11 s^était plaint que ses propres mandataires eussent osé prendre sur eux de changer quelque chose à Tarticl© si violemment controversé qui, à propos de l'exercice public du culte catholique, avait failli tout remettre en question. Cependant il avait fini par se calmer et par accepter la nouvelle rédaction. •
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Le cardinal termina l'entrevue en annonçant son départ comme devant avoir lieu dans deux ou trois jours; cependant le lendemain, sans pouvoir en deviner le motif, il fut inopinément appelé aux Tuileries. Cette seconde conversation roula longtemps sur les sujets les plus indifférents; le cardinal se perdait en conjectures lorsque tout à coup, comme par hasard et parlant d'une chose de nulle importance, son interlocuteur laissa tomber ces paroles : « J'ai l'embarras [ho difficolta)^ après la nouvelle circonscription des diocèses,. d'avoir à choisir les nouveaux évêques dans les deux partis des constitutionnels et des non constitutionnels. )>
La surprise du cardinal Consalvi fut extrême, car il n'avait point supposé qu'il pût être question de constitutionnels pour remplir les nouveaux sièges. Pareille intention n'avait jamais été annoncée pendant la
durée des négociations du concordat. Tout au contraire, le premier consul avait cent fois assuré qu'il les abandonnait entièrement. 11 s'ensuivit une orageuse discussion. Et comment la discussion n'eût-elle pas été orageuse, lorsque chacun des interlocuteurs, d'après l'ordre d'idées dans lequel il était placé, croyait avec une égale sincérité avoir pour lui la raison et le droit? 11 n'avait point fallu attendre long-
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temps, et c'était au lendemain même de Taccord si péniblement établi que, par la force des choses et sur une question de majeure importance, éclatait la fatale divergence des principes.
Le ministre du saint-siége n'avait point de peine à démontrer au premier consul que, la constitution civile du clergé ayant été flétrie à Rome, le chef de TÉglise ne pouvait admettre parmi les évoques nouveaux ceux qui n'étaient pas de sa communion ; le concordat avait justement été consenti par Sa Sainteté pourJe motif suprême de mettre un terme au schisme. A quoi Napoléon répliquait froidement « que la raison d'Etat ne lui permettait en aucune façon de mettre les constitutionnels entièrement de côté. Ils formaient un groupe nombreux. Il devait de toute nécessité en prendre quelques-uns. C'était un parti puissant qu'il lui fallait ménager. Cela même aplanirait la voie auprès du Corps législatif et des membres du conseil d'État et de la magistrature, sans compter tant d'autres personnes de son gouvernement qui étaient, par irréligion, les adversaires du concordat. Toutefois, avant de nommer les évêques constitutionnels, il les obligerait d'accepter le concordat, ce qui impliquait le désaveu de la constitution civile du clergé. » Ces considérations politiques d'une sagesse
humaine évidente n'ébranlaient pas la conviction du cardinal. Il y opposait des arguments religieux qui, à leur tour, ne faisaient aucune impression sur l'esprit du premier consul.
c( La simple acceptation du concordaj n'était pas, disait Consalvi, suffisante aux yeux de l'Église ; il y avait eu schisme; il fallait qu'il y eût rétractation et reconnaissance publique de l'erreur embrassée, sans quoi le pape n'accorderait pas l'institution canonique aux nouveaux titulaires, fussent-ils nommés. Il ne le pouvait pas, il ne le devait pas, il ne le ferait certainement pas. )) Le premier consul se récriait: « Exiger la rétraction publique, c'était leur imposer une mortifiante humiliation ; un tel sacrifice coûtait trop à l'amour-propre et à l'honneur. — Mais dans les choses de religion, répliquait le cardinal, ces considérations sont vaines ou superflues. Il est au contraire honorable de confesser son erreur et de s*en repentir. » Plus l'entretien durait, moins on était près de s'entendre. Après de longs débats, le premier consul termina en disant « qu'il suffirait d'accepter en gros les jugements émanés du saint-siége sans nommer la constitution civile du clergé, qui était comprise dans ces jugements. On éviterait ainsi un choc qui n'était pas nécessaire et qui serait trop vio-
lent ; î) mais ce tempérament ne parut point acceptable au cardinal *.
Trois ou quatre après, la veille de son départ, Consalvi se trouvait aux Tuileries à la têle du corps diplomatique , sur lequel il avait le pas. Napoléon , lorsqu'il commença, selon son habitude, sa tournée de souverain, affecta de passer devant lui en le regardant au visage, mais sans s'arrêter pour lui adresser une parole, sans le charger de saluer en son nom le sdint-père, saris lui faire, en un mot, la moindre politesse. A dessein sans doute, il causa de choses indifférentes avec le ministre d'Autriche, le comte de Cobentzel, qui venait après le cardinal, puis successivement avec tous les chefs des diverses légations.
Consalvi suppose dans ses mémoires que, par ce manque absolu d'attention, le premier consul était bien aise de montrer au public le peu de cas qu'il faisait d'un cardinal et du saint-siége, après toutefoif«, ajoute-t-il, qu'il avait arrangé avec eux toutes aa» affaires. Nous croyons que Consalvi se trompe : c'était à lui personnellement, au contradicteur trop difficiU^ à convaincre, qu'était adressée cette petite manif<?Ktation de la mauvaise humeur d'un homme qui h'éUni
i . Mémoires de Consalvi .
si vite habitué à ne rencontrer plus d'obstacle à la simple expression de sa volonté. La résistance du ministre du saint-siége à la nomination des constitutonnels avait d'ailleurs été pour lui une cause d'embarras véritable et lui créait en ce moment un assez grand ennui. Nous voyons , en effet, par deux lettres adressées à son frère Joseph le lendemain même de sa conversation avec Consalvi, que le premier consul songeait précisément à faire régler alors, dans de nouvelles conférences entre les négociateurs du concordat, tout ce qui était relatif aux constitutionnels, et la rédaction même de de la bulle qui devait accompagner le traité ^ . Ces deux points lui tenaient à cœur; c'est pourquoi il voulut essayer de les obtenir à l'improviste du cardinal , et dans le quart d'heure même qui précéderait son départ.
Le secrétaire d'État de Pie VII ne s'occupait plus que de faire ses paquets, il était presque au moment de monter en voiture, quand tout à coup parut l'abbé Bernier. L'abbé, messager ordinaire de Napoléon auprès de Consalvi, était chargé de lui faire compre»idre que le premier consul .voulait absolument
1 . Lettres du premier consul à son frère Joseph Bonaparte, 1*' thermidor an IX (juillet 180 1). — Correspondance de Napoléon ï*^, t. VU, p. 199.
qu'on se concertât à l'avance sur la teneur de la bulle que le pape enverrait de Rome. On avait déjà parlé de cette bulle dans les séances où Ton avait discuté le projet de concordat. Il avait été décidé que plusieurs choses dont le premier consul n'avait pas voulu permettre l'insertion dans le concordat, parce qu'étant deux, disait-il, lui et le pape, qui parlaient dans cet acte public, il ne lui convenait pas de les mentionner; ces mêmes choses pourraient, sans les j mêmes inconvénients, être insérées dans la bulle où le pape parlait seul. Aujourd'hui, après y avoir réfléchi, il demandait à connaître préalablement la substance mémo de la bulle ainsi que les expressions qu'on y emploierait. En vain le cardinal se plaignit de cette façon d'agir toujours par surprise, en vain il ofi'rit de prouver qu'il n'avait pas été autorisé à libeller la bulle, mais autorisé seulement à signer le concordat : l'abbé Bernier n'en démordit pas, alléguant toujours pour raison principale que c'était la volonté du premier consul et qu'il fallait s'y prêter.
On mit donc la main à l'œuvre, et le travail dura huit heures consécutives. « Si l'on avait eu dessein, raconte le cardinal Consalvi, en me prenant dans ce moment de presse, d'éviter l'insertion des choses qui
déplaisaient, on n'y réussit guère, car je lins ferme
pour intercaler dans la bulle tout ce qui était nécessaire. » Quand tout fut fini, Tabbé Bernier insista de nouveau pour qu'on envoyât le plus tôt possible la ratification du pape au concordat, l'intention la plus positive du premier consul étant de le publier aussitôt que la ratification serait arrivée à Paris, car l'intérêt de la religion et de l'État ne permettait pas le plus léger retard. Quelques heures après, Coiisalvi, montent en voilure, retournait le plus diligemment possible reprendre à Rome ses fonctions de secrétaire d'État.
Malgré les incidents qui avaient troublé les derniers moments de son séjour à Paris, le ministre du saintsiége n'en revenait pas moins satisfait de l'ensemble de ses relations avec le chef du nouveau gouvernement français, et justement fier du résultat de sa mission. Pie VII partageait les sentiments de son serviteur et de son ami. Tous deux étaient également désireux de mener à bien jusqu'à son terme l'œuvre si laborieusement commencée. Il semblait qu'il ne s'agissait plus que de la faire accepter par le sacré-coUége. A cela point de sérieuse difficulté, car s'il y avait dans la société romaine un parti hostile à la France, il avait peu d'adhérents parmi les cardinaux. Le pape tint à les réunir en congrégation
RCTARD DE LA PUBLICATION^ DC CGSCOflM irr
générale, afin d'avoir leur avis sur la nii '*. r. Deux articles seulement soulevèrent une c:- jrV i.— cussion. La promesse faite de ne pas rrij'.aai^r c:':r^ la vente des biens du clersé fut timî^itia'ent cri ": . .*>, mais il n'y eut pas même de vole- La re^tri-::: .3 •:: iH* à la publicité du culte, restrictiMU q:je le c\tV' .! Consalvi avait si vivement combattue et *iz':\ ai : : réussi à faire beaucoup atténuer, fut T'/rj-rt •]'--•* controverse un peu plus vive. Onze voîï la b' ^-r.-rr' '. : dix-neuf ou vingt voix approuvèrent au c-rtr-î re !•« transaction qu'avait suggérée lemini-îre d-r S"» >; :>teté. Pie VIT, qui parla le dernier afin de bi^-^r cr^^ entière liberlé dé discussion aux membre^ Je la cor^ grégation, fit ressortir avec chaleur FimporsiL '/r o j Ton avait été d'obtenir aucune mo^lîfîcatîon snr c/r point, objet déjà de tant et de ^ lonzs débats. Un c-rttain temps avait été nécessaire pour distribuer ai¥ membres du sacré-collége des copies du cono>r»iat et leur permettre de Texaminer à loisir. Of^endanl la cour de Rome, si lente d'ordinaire dans ses déld^ératiens, avait été si expéditive celte fois, que irenlecinq jours seulement après la signature du concordat l'approbation officielle des cardinaux et la ratiticaUon du pape arrivèrent à Paris par un courrier extraordinaire.
On espérait aa Vatican, pour prix de tant de zèle, apprendre par le retour de ce in.êine courrier la nouvelle de la publication du concordat. Loin de là, il apportait de très-vives instances de la part du premier consul au sujet de la teneur de la bulle. Napoléon n^était plus^ content de celle qui avait été rédigée à Paris par le cardinal Consalvi d'accord avec Tabbé Bernier. Il avait fait ses réflexions et trouvait qu'il y fallait supprimer beaucoup de choses. Il désirait aussi que l'on s'entendit sur les mesures relatives au mariage des prêtres et sur quelques autres points de discipline ecclésiastique dont il n'avait pas encore été question. Il insistait enfin sur l'envoi d'un cardinal légat comme devant précéder la publication du concordat. Le pape, par un véritable esprit de modération, céda de bonne grâce à toutes ces instances, qui, faites coup sur coup, sans qu'il en eût été prévenu, ne laissaient pas que de le troubler un peu. Mais, dans ce moment décisif où le rétablissement officiel du culte catholique en France était comme tenu en suspens, il s'était proposé pour règle de conduile d'user à l'égard du premier consul de toute la complaisance possible. Si en définitive, par suite de? difficultés encore subsistantes, le concordat ne devait pas être publié, il fallait à toute force éviter au moins
RETARD DE LA PCBUCATION Dt œMLOKDM !.|
que les ennemis de la religion posant en rejeîrr la faute sur la cour de Rome. Celle dernière «.n>i J^r^ tion détennina plus que toute autre non-seulemeol renvoi immédiat à Paris du légat réclamé par le pi^ mier consul, mais Je choix du même cardinal apf^ià remplir une ausd haute misson. L'imiN^rlance du rôle joué par le cardinal Caprara, Imfluence que ses dispositions personnelles et les tendances de 5->d esprit ont exercée sur la direction des affaires o»fiées à ses soins, ont été si grandes qu*d derient nécessaire de nous arrêter un instant fur ce per?*:.»nage considérable dont la correspondance oîô- ielle et
secrète va désormais servir à corroborer oolre
récit *.
1. Les minutes de la oorrespondinee da carliiol C^inj\ ne «.1.1 point sorties de France. SniTaiift un ancien nsaz« «.titu*! fe î.ir>ment de Paris avait, sons l'anôen Téginie, icii: :rïas i«:ii la «as., '^ légats à latere eoToyés en France s'ençasçaieiit jnr KTmF.L*. «m »:ment de leur réception officielle, à laisser, «en q-ir^-:.! > rrrv::^*. le registre exactement tenn an conrant d« v.tUs l*s ié;*^bes *rriUfi pendant la durée de Icor mission. On avaiU cornait w. -§ le t€tt«:*is plus tard dans le coure de ce récit, obligé le card:i.il Ca^rara, l-« de sa présentation au premier coosnl, à lire r anôéniie f'rnL^'^ VfcH* qu'elle était autrefois en nsage. En ▼ertn de cet co?%?«aùtirt, l^a»- PereuT, lorsque le cardinal monrot à Paris, en l»l«. ê* înreLVr^r et saisir tous ses papiers. Depnis cette éî->inc, et pilixaçaU-i^it sons la Restauration, le Vatican les a plosienrs fois, mais rain-mfe&t réclamés.
CHAPI.TRE IX.
Le cardinal Gaprara, nonce à Tienne. — Ses Complaisances à l'égard de Joseph TT. — Son caractère. — U est natoreUement porté à oser de déférence envers les pOQYoirs établis. — Sa réception en France. — Première entrcTne avec le premier consul. — Difficnltés an snjet des évêques constitutionnels. — Plaintes et récriminations dn premier consul. — M. Portalis, son caractère. — M. Gaeaolt. — n défend la thèse dn saint-siége mieux que M. Portalis et le légat lui-même. — Le premier consul, mieux éclairé, se calme, mais il diffère intentionnellement la publication du concordat.
Laissée à elle-même, jamais la cour de Rome n'aurait de son propre mouvement pensé à Caprara. La désignation venait de Paris. Pendant la durée de la mission de Consalvi, le premier consul lui avait répété à plusieurs reprises qu'il exigeait absolument la nomination de ce cardinal, le seul qui pût, dit-il, lui agréer, à moins qu'on ne se décidât en faveur du cardinal Joseph Doria. L'incapacité de ce dernier ayant été rendue notoire par son court ministère de 1797, le pape n'avait pas même l'alternative, et force était de nommer Caprara. La préférence du premier
consul était, à son point de vue, parfaitement justifiée, et prouvait qu'il connaissait très-bien, probablement par M. de Cobentzel, le caractère et les antécédents du nouveau légat. Rome de son côté n'était pas moins fondée dans ses justes appréhen>îon$.
Le cardinal Caprara n*en était pas en effet à s<îs dé()uts dans la vie politique. Né à Bologne en 1733 de François, comte de MontecucuUi, et de la dernière descendante des Caprara, il avait pris dans le monde le nom de sa famille maternelle, mais n'en appartenait pas moins à cette puissante maison de Montecuculli qui a donné de glorieni serviteurs à Tempire. Yice-légat à Ravenne dès l'âge de vingt-cinq ans, il avait été successivement nonce à Luceme, puis à Vienne. Dans cette dernière résidence, il avait su se faire bien venir de Tempereur Joseph II et de son ministre, M. de Kaunitz. C'était précisément l'époque où la cour impériale appliquait avec le plus d'ardeur un plan de réformes ecclésiastiques très-vanté alors par l'école philosophique et que la cour de Rome repoussait de toutes ses forces. Dans cette situation difficile, Caprara, quoique sa doctrine fût restée trèsrorthodoxe, ne s'était pas maintenu dans les bonnes grâces du souverain autrichien sans avoir éveillé les ombrages de sa propre cour. On avait taxé
à Rome de molle complaisance et de faiblesse coupable les concessions que, par modération sans doute, il avait cru devoir faire aux exigences de la chancellerie impériale. Le saint-père et le cardinal Consalvi craignaient non sans raison que, mis en présence à Paris d'un pouvoir autrement fort et autrement imposant, leur mandataire ne fît preuve encore une fois d'une excessive condescendance.
Telle parut être en effet, pendant le cours de sa longue mission, la pente du cardinal Caprara. Il ne manquait ni de talents ni de vertus. Riche de son propre patrimoine et des biens de TÉglise, il avait toujours fait l'usage le plus généreux et le plus chrétien de sa très-grande fortune. Son extérieur noble et décent était empreint d'une certaine bonne grâce ecclésiastique où l'enjouement ne manquait point; mais l'âme n'était pas très -forte. Témoin épouvanté des troubles excités à Rome par la révolution française, il en avait reçu dans sa santé une atteinte qui avait, à cette époque, fait craindre pour sa vie , et jamais depuis la vive impression du mal que la violence des partis pouvait faire à la religion catholique ne s'était entièrement effacée de son esprit. L'avènement au pouvoir de l'homme qui avait rompu avec les traditions jacobines du Directoire avait, selon lui, ouvert
BETJOU) DE LA PUBUGATION DU CONCORDAT li5
une voie de salut inespiérée h TÉglise romaine. Il était d'avis qu'il fallait se jeter sans marchander dans les bras du premier consul, et qu^un système de déférence habituelle pouvait seul sauver Rome d'une ruine entière tant pour le spirituel que pour le temporel. «Étant donné le caractère de celui dont Tomnipotence était universellement reconnue, il faut, disait volontiers Caprara, rester à tout prix sur ses pieds, parce que, si l'on tombe une fois, on ne se relève plus.» — (( D'après cette maxime, rapporte Consalvi dans ses mémoires, il légitima une infinité de choses qu'à Rome on aurait bien souhaité qu'il n'approuvât jamais. Avec des intentions très-pures, il agit souvent sans prendre les ordres du pape, et quelquefois même, croyant bien faire, contre ses ordres. Les choses consommées se trouvaient alors sans remède, et les réclamations du saint-père devenaient inutiles. Plus d'une fois son rappel fut décidé, mais on ne put jamais l'eflTectuer ^. »
La disposition d'esprit que dépeint Consalvi et qu'il reproche au représentant du saint-siége était, il faut le dire, commune alors à tous les chefs de mission accrédités par les gouvernements étrangers auprès