M. Cacault à M. Portails, i décembre
Lorsque ces remontrances, hasardées sur un Ion senfii-sérieux et semi-familier, lui arrivaient à Paris de la part de l'ancien collègue qui avait jadis signé avec lui le traité de Tolenlino, le premier consul n'avait déjà plus besoin de les entendre. Sa méfiance, excitée un moment par les adversaires du concordat, s'était peu à peu calmée. Les dépêches de Consalvi, les propres lettres de Pie Vil l'avaient enfin convaincu de la bonne foi de la cour de Rome. Le 18 brumaire était maintenant passé, et, les éclats de son impatience n'ayant pas suffi à vaincre les scrupules du légat, il avait pris son parti de remettre à une autre époque la publication du concordat. Ses idées avaient pris un autre cours- Habitué à rechercher avidement toutes les occasions de frapper l'imagination des masses, il lui semblait maintenant que le jour de Pâques serait heureusement choisi pour fêler avec éclat la paix religieuse conclue avec le saint-siége ; mais Pâques était loin encore : c'est pourquoi Napoléon, tout à l'heure si pressé, ne l'était plus du tout. Lors donc qu'on reçut à Paris, avec la bulle de circonscription des diocèses, le bref qui autorisait le légat à instituer canoniquement les nouveaux évêques, les rôles se trouvèrent tout à coup intervertis; ce fut le tour de Caprara de se plaindre, bien doucement il est vrai,
im L'ÉGLISE ROMAINE ET LE PREMIER EMPIRE
des hésitations et des lenteurs du premier consul. Cette situation s'ëtant prolongée sans grand changement pendant cinq ou six mois encore, nous en profiterons pour expliquer la nature exacte des affaires qui restaient alors à traiter entre le premier consul et le représentant du saint-siége.