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donc aucune difficulté d'écouter ce qu'on aurait à lui proposer; mais personne, ajouta-l-il avec une cerlaine fermeté, ne voudra assurément exiger de lui ce qiie lui interdisait sa conscience et ce qui serait en opposition directe avec ses devoirs, » Les scrupules du cardinal-légat déjà presque gagné à la politique française, mais resté fidèle à sa foi religieuse et aux instructions de son souverain, étaient du nombre de ces obstacles moraux dont le premier consul a toute sa vie méconnu la puissance.
Cette résistance inattendue faisait manquer l'objet principal du petit drame que le premier consul avait combiné avec ses confidents ; il en restait cependant un autre à atteindre. Ce fut alors qu'un nouvel acteur entra en scène. «J'avais prévu, dit l'abbé Bernier, qui s'était jusque-là tenu^à l'écart et en silence, j'avais prévu que vous ne vous prêteriez pas à la proposition d'admettre les constitutionnels à la cérémonie de demain;... j'en avais exprimé à l'avance mon sentiment à M. Portails : c'est pourquoi j'ai concerté avec lui la réponse que Votre Éminence pourrait faire au premier consul. » Et tout aussitôt il tira de sa poche un papier qu'il donna à lire au légat : « Le contenu de ce papier ne peut blesser le moins du monde vos sentiments, ni porter atteinte à vos devoirs. Il est très-
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probable que, le premier consul trouvant mêlées à votre refus des expressions qui sont selon son cœur, la chose s'arrangera d'elle-même. »
Or cette pièce rédigée d'avance que Tabbc Bemier présentait à la signature du légat n'était autre chose que la reproduction à peu près textuelle des cinq propositions naguère apportées par M. Porlalis, propositions auxquelles le cardinal avail eu tant de répugnance à donner par écrit une approbation formelle ; mais il était maintenant un peu épuisé par la lutte qu'il venait de soutenir. « Me voyant, écrit-il au cardinal Consalvi, réduit à la dure alternative ou de risquer de tout ruiner, ou d'adopter un moyen qui était de nature à diminuer la bourrasque, je me retournai vers l'abbé Dernier, et Je lui dis : Puisque vous avez eu le temps d'examiner cette pièce h loisir, et non comme moi en un moment de presse, si vous donnez en conscience votre t)arole qu'elle ne contien rien qui blesse nos principes et nos maximes, je^ ne vois point de difficulté à la transcrire et à vous la remettre signée de ma main, dans la seule vue d'éviter un péril que tous deux vous êtes d'accord pour me faire appréhender comme si imminent et si funeste ^ »
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