‹ L'Église romaine et le premier empire 1800-1814; avec notes, correspondances diplomatiques et pièces justificatives entièrement inéditesChapitre 50 sur 111 · Le cardinal Caprara au cardiûal Gonsalvi, 24 avril · texte numérisé non relu

Le cardinal Caprara au cardiûal Gonsalvi, 24 avril

peuplei Irès-clairvoyant en ces matières et naturellement porté à juger plus sévèrement ceux qui sont, à ses yeux , obligés par état de pratiquer la mornle la plus pure et de professer les plus sévères principes ; c'est pourquoi il pardonnera toujours plus volontiersau pouvoir civil ses calculs ambitieux qu'au clergé sa profitable complaisance. Devant les consciences simples et droites , qu'il y ait ou méprise ou faiblesse , toute autorité spirituelle est singulièrement compromise, qui a été, fût-ce un instant, la complice ou la dupe du mensonge^

Sur ce point, la perspicacité italienne du légat, trop dépaysée à Paris, lui faisait parfois défaut. C'est ainsi qu'au plus fort des contestations qui s'élevèrent au sujet de la publication du concordat, il s'était laissé aller à nourrir une de ces illusions que n'eût jamais conçue alors, même pour un instant, le plus simple de nos prêtres de paroisse. Soit en effet qu'il en eût reçu directement l'assurance , soit plutôt qu'il s'en fût trop aisément rapporté à des tiers qui avaient reçu ou s'étaient donné la mission de l'induire en erreur, Caprara avait mandé à Rome que le premier consul comptait communier à Pâques ^

1 . « Le premier consul compte se conformer à Pâques à l'usage

Déçu dans cette singulière espérance, il parait avoir été quelque temps à se remettre de sou mécompte. Les dépêches qu'il adresse à Rome, au lieu de se ressentir de la joie qu'aurait pu lui causer la grande solennité de Notre-Dame, dans laquelle il a joué le rôle principal, sont empreintes tout à coup du pins profond découragement. Il se plaint de l'abandon où, « depuis le jour de Pâques, l'a laissé le premier consul et qu'il ne lui parle plus de rien ^ » 11 représente celui dont il se louait tant naguère comme fatigué de discuter incessamment avec lui et pensant à envoyer quelqu'un à Rome pour y traiter les affaires ecclé- ^ siastiques ^. Dans une lettre confidentielle à Consaivi, mais qui ne paraît pas avoir été envoyée à sa destination, il se lamente de ce qu'on lui prête à Paris un caractère* des plus noirs : « c'est lui qu'on accuse publiquement et tout haut de toutes les difficultés qui ont été faites ou qui se font encore pour la réconciliation des intrus, oTi bien on s'en prend à Rome,

catholique en accomplissant , comme il dit^ les devoirs imposés par l'Eglise. » Dépèche da cardinal Caprara au cardinal Consaivi , 27 mars 1802.

1. Dépèche du cardinal Caprara au cardinal Consaivi, 30 avril

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