Ibid
pauvres ecclésiastiques obscurs, contre lesquels il n^avance pas d'autres griefs que de n*avoir pas adhéré au concordat, ni d'autres preuves que les dénonciations de ses agents ^ Un curé de Strasbourg est arrêté parce qu'il a logé une baronne de Reich; un prêtre de Marseille devient suspect parce qu'il a dC'meure à Gibraltar. Quelques ecclésiastiques dissidents ûu déparlement du Pas-de-Calais correspondent avec <c rinfâme » évêque d'Arras. « Je veux savoir, écritil à ce sujet à M. Portalis, quelles seraient les formes canoniques à employer pour les dégrader, afin qu'ils ^soient livrés à la rigueur de la justice, car je pense, ajoute-t-il, qu'il faut un exemple qui frappe tout le <^lergé. Je ne suis plus content du vicaire de Saint- Sulpice : c'est un homme également à dégrader*. » Depuis qu'il a été nommé consul à vie, et lorsque le moment approche où il va devenir empereur, sa -correspondance devient de plus en plus acerbe. Elle revêt un caractère plus marqué d'irritation et de menaces à l'égard non-seulement de ceux qui sont des opposants en politique, ce qui serait assez naturel , mais aussi à l'égard de ceux qui ne sont que de
1. Correspondance de Napoléon /««*, t. IX^ p. 307. ^. Ibid., p. 240, 306, 320^ 339, 474.
simples dissidents dans les matières purement reli^ gieuses. II les confond volontairement et les poursuit de la même haine. Les informations de M. Portalis sur les mouvements que plusieurs prêtres se sont donnés en Vendée pendant que l'on tramait une conspiration contre lui ne lui paraissent point assez complètes. En les transmettant au ministre de la justice, qui est aussi celui de la police, il lui signale un certain nombre d'entre eux qui ont. autrefois refusé d'adhérer au concordat. Il se rappelle vaguement que l'évêque de La Rochelle lui en aurait dénoncé neuf ou dix. Il écrit là-dessus à M. Régnier de les faire arrêter... « Dans le diocèse de Liège, il faut également prendre des renseignements et faire arrêter dix des principaux. Je veux bien encore être indulgent et consentir à ce que ces prêtres (quelle indulgence !) soient déportés à Rimini ; mais je désire que vous me fassiez connaître la peine qu'encourt un prêtre en place qui se sépare de la communion de son évêque, et qui abjure un serment qu'il a prêté. Dieu le punira dans l'autre monde, mais César doit le punir aussi dans celui-ci *. »
 coup sûr, il y a lieu de blâmer les procédés du