CHAPITRE XV
Premières oa^ertiireg de Bonaparte an légat. — Émotion qu'elles cansent an cardinal Gaprara. — Il écrit à Rome ponr dissuader de présenter aucune objection. — Effet produit à Rome. — Hésitations du saint-père. ^ 11 aurait bien Touln refuser. — Gonyoeation dn saeré collège. — Difficultés au sujet dn serment à prêter par Tempereur. -> Conditions mises au consentement da pape. — A Paris , on fait semblant de considérer la Tenue du pape comme décidée, quand elle ne l'est pas encore. — Embarras croissant du légat. — Ses instances à Rome. — Démarches pressantes dn cardinal Fesch. — Promesses vaguement faites an saint-père. — Il s'y confie sans y regarder de bien près >- Lé Toyage est décidé.
Ce fut dans cette disposition d'esprit que, laissant de côté les tournures familières qui lui étaient habituelles avec le cardinal-légat, Napoléon, Tair altier et soucieux, en paroles solennelles et brèves, du ton d'un homme mécontent des autres et surtout de lui-même, s'ouvrit pour la première fois à Caprara, le 9 mai 1804, de la demande qu'il comptait adresser prochainement au saint-père. A cette date, non-seulemenl il n'était pas encore question de consulter la nation sur le grand acte qui allait faire d'un général de la repu-
blique un monarque héréditaire, mais le sénalusconsulte qui devait lui conférer le titre d'empereur n'était ni voté par le Sénat, ni même définitivement arrêté; il ne le fut que le 16. Cependant la détermination de Napoléon était prise. Cela seul suffisait, et le surplus n'était à ses yeux, comme pour tout le monde, qu'une assez vaine formalité.
Le soir donc, le légat se trouvant à Saint-Cloud dans les salons de Joséphine, Napoléon lui dit : « Toutes les autorités constituées me font sentir combien il serait glorieux que mon sacre et mon couronnement fussent faits par les mains du pape, et quel bien il en résulterait en même temps pour la religion. Il n'est pas vraisemblable qu'aucune puissance y trouve à redire ni en droit, ni en fait. Je n'adresse pas dès à présent une prière^ formelle au. pape, parce que je ne veux pas m'exposer à un refus. Faites donc l'ouverture, et lorsque vous m'aurez transmis la réponse, je ferai auprès du pape,, comme je le dois, les démarches nécessaires *. «Puis, dans un résumé qui frappa de plus en plus par sa précision . et sa froideur le représentant du saint-siége, il lui